Des délégués de la coordination des villages de la commune d’Azazga, une trentaine environ, ont tenté de marché, hier, vers Alger, avant d’être interpellés.
Tout n’est pas encore rentré dans l’ordre dans la commune d’Azazga. Certes, l’APC a été rouverte et les sit-in quotidiens et autres marches et mouvements de protestation et meeting qui ont fait légion, il y a à peine quelques mois dans la ville, ne sont plus de mises ou du moins ont baissé d’intensité et de cadence, mais il y a toujours ce petit quelque chose qui ne va pas qui se fait sentir. D’ailleurs, des actions de rue sont initiées sporadiquement, venant rappeler, pour ainsi dire, qu’Azazga n’est pas encore sortie de l’auberge. Une auberge où elle s’est cloitrée voilà bientôt une année. Inutile de rappeler toutes les péripéties qu’a eu à traverser la commune depuis l’éclatement du conflit opposant cinq villages de la commune au P/APC et son exécutif. Organisés au sein d’une coordination, les villageois contestataires ne demandaient, ni plus ni moins, que le départ pur et simple de l’exécutif communal à leur tête le maire. La mairie a été d’ailleurs, fermée et ce dernier a été interdit de bureau plusieurs semaines durant. Il a fallu l’intervention de la force publique pour la réouverture du siège de l’APC au maire et à la population. C’était au mois de mars dernier. Entre temps, une commission d’enquête a été diligentée par le wali pour vérifier tous les griefs retenus contre le maire. Des griefs ayant trait principalement au foncier. L’enquête n’a trouvé rien d’anormal. Les membres de la coordination des villages ne décolèrent pas pour autant. La protestation s’est accentuée, avant de baisser en intensité suite à l’annonce faite par l’ex-ministre de l’Intérieur, en visite dans la wilaya. Belaïz a fait état, en effet, d’une commission d’enquête de son département pour Azazga. L’annonce a été accueillie par un ouf de soulagement par les membres de la coordination et surtout par la population locale qui en avait, il faut le dire, marre de cette situation de pourrissement. La joie des uns et des autres n’a été que d’une courte durée, puisque la protesta a repris même après l’envoi de cette commission et celle qui a suivi, interministérielle celle-ci. Au bout de compte et au jour d’aujourd’hui, Azazga, le deuxième plus important pôle urbain après le chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, n’a pas encore repris tous ses esprits. La preuve, c’est cette marche initiée, hier, par des membres de la coordination des villages qui ont tenté de marcher sur Alger, avant d’être interpellés au niveau du lieu dit Chaoufa, à quelques 10 kilomètres de la ville d’Azazga. « Nous voulons signifier à travers cette action que nous ne décolérons pas et nous persistons dans notre revendication relative au départ du maire », nous dira un de ces délégués. Pendant ce temps là Azazga vaquait à ses préoccupation quotidienne, comme c’est de rien n’était. C’est dire, en fait, que cette marche n’a pas vraiment créé l’événement du côté d’Azazga. De leur côté les délégués ne comptent pas lâcher le maire, convaincus de la justesse des revendications. L’autre image d’une Azazga déchirée est symbolisée par les travailleurs de l’APC qui ne sont pas au bout de leurs peines, eux aussi. Ces derniers appellent, d’ailleurs, à un rassemblement demain devant l’APC.
M. O. B

