Le secrétaire général du parti du Front de libération nationale (FLN), Amar Saâdani, a animé, hier, une conférence de presse à l’hôte El Aurassi à Alger.
Une occasion pour le patron du FLN de faire le point sur la situation politique du pays et s’exprimer sur de brulantes questions d’actualité. Après avoir répondu à quelques questions sur le déroulement du 10e congrès de son parti, à l’instar de celle relative à l’entrée de nombreux ministres de l’actuel gouvernement dans le Comité central du FLN «en leur qualité de militants du parti qui disposent de leurs cartes d’adhérents comme de nombreux cadres de la nation qui font partie du CC du FLN», insistera-t-il, Saâdani n’a pas hésité à brandir la menace de saisir la justice «contre toute personne qui parle au non du FLN en dehors des organes et instances du parti». Évoquant l’opposition, Saâdani n’a pas hésité à se demander : «Où est l’opposition ?» et de répondre : «Elle ne se trouve que dans les journaux». «C’est une opposition dont le seul slogan est de dire non. Elle attend que les élections aient lieu pour les contester. C’est une opposition qui n’a pas d’alternative. Je souhaite qu’il y ait une véritable opposition autour de programmes et lors des débats», a-t-il dit. Abordant la polémique suscitée par la «lettre de félicitation» envoyée par le Chef de l’état-major de l’ANP au SG du FLN, au lendemain de son intronisation à la tête du parti à l’issue du 10e congrès, Amar Saâdani n’a pas mâché ses mots pour tailler en bonne et due forme certains leaders de l’opposition, qui se sont offusqués dans la presse suite à cette missive de Gaïd Salah. Pour le patron du FLN, «cette lettre ne constitue pas une violation de la Constitution et elle n’est pas une lettre de soutien au parti ou bien ma propre personne». C’est même un «procédé ordinaire», selon Saâdani, qui a tenu à rappeler que ce genre d’échange épistolaire entre le parti du FLN et l’état-major de l’ANP est «une tradition» qui date depuis longtemps. «À chaque fois qu’il y a un évènement national, notamment lors des opérations menées par les éléments de l’ANP dans la lutte antiterroriste, on adresse des lettres de félicitation à l’armée et ils nous répondent», confie Saâdani qui n’a pas hésité à tirer sur l’ex-chef de gouvernement, Ali Benflis, la premier responsable du PT, Louisa Hanoune, le chef de HMS, Abderzak Mokri et le président de Jil Jadid, Djilali Sofiane. «Je pense que Ali Benflis est la dernière personne qui puisse critiquer le FLN, lui qui s’est servi du parti pour arriver à la tête du gouvernement», lance Saâdani avant de s’interroger : «Au nom de qui parle Benflis ? En son nom personnel ? Il n’a pas le droit. En sa qualité de chef de parti ? Il n’a pas encore de parti ou plutôt son parti est dans la maternité puisque c’est aujourd’hui (hier ndlr s’est tenu le congrès constitutif du nouveau parti de Benflis) que l’on saura si son parti est de sexe masculin ou féminin», lance-t-il sur un ton sarcastique.
Benflis, Hanoune, Mokri et Djillali Sofiane épinglés
Ensuite, c’est au tour de Louisa Hanoune d’avoir sa part de «vérité» de la part de Saâdani. En la citant par son prénom, le SG du FLN a vilipendé la patronne du PT, dont le parti, selon lui, est «anticonstitutionnel car il est fondé sur des principes corporatistes, à savoir ceux des travailleurs». «Louisa parle de la Constitution alors que c’est elle qui l’a violée en premier. Elle veut devenir le policier, le gendarme, le juge et pire elle se prend pour la conscience de la nation», assène-t-il. «N’est-ce pas elle qui est partie voir Gaïd Salah et qui a ensuite animé une conférence de presse ? Mais ce qu’elle n’a pas dit aux journalistes est qu’elle a demandé au chef de l’état-major une intervention de l’armée dans la politique, mais il a catégoriquement refusé sa demande», révèle Saâdani. Sur Djilali Sofiane, Saâdani qui n’a pas hésité à le qualifier de l’élève de la politique, n’a pas mâché ses mots. «Sofiane aurait dû laisser son maître M. Boukrouh parler à sa place. Son parti n’a même pas d’existence sur le terrain à part un cachet et des communiqués dans les journaux», lance Saâdani qui a ensuite évoqué le chef du HSM, Mokri. «Mokri a perdu la boussole et je n’ai jamais compris sa position politique. Tantôt il est à gauche, tantôt à droite, des fois islamiste et parfois communiste», dit-il. «Il se dit contre le coup d’Etat en Egypte mais il l’applaudit en Algérie à travers son appel à l’application de l’article 88», ajoute Saâdani. Évoquant le pôle politique réunissant les partis, FLN, TAJ, MPA et RND, auquel avait appelé Ahmed Ouyahia, au lendemain de son retour à la tête du RND, Amar Saâdani se dit plutôt favorable à «un front national élargi regroupant les différentes formations politiques et les organisations de la société civile qui ont soutenu le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour un quatrième mandat». Saâdani a précisé que ce front «accompagnera le programme du président Bouteflika, veillera à son application et appuiera ses positions, notamment pour la défense de l’Algérie». Même s’il n’a pas fermé définitivement la porte à la proposition de son homologue du RND, Saâdani a affirmé toutefois que son parti étudiera la question à condition d’être «la locomotive de ce pôle».
A. C
