Le centre-ville croule sous les ordures

Partager

«Nos fenêtres sont constamment fermées, car l'odeur de la décharge jouxtant nos foyers est épouvantable».

C’est la plainte récurrente d’une bonne partie des habitants du centre-ville de Boumerdès, notamment ceux des bâtiments 19 et 20. Situé chose encore inconcevable, juste en face de la polyclinique, à une quinzaine de mètres du siège de la daïra, «ce dépotoir n’a presque jamais été sérieusement nettoyé et il est débordé par les ordures depuis plus d’une quinzaine de jours», ajouteront de nombreux riverains, en dénonçant le laxisme des autorités municipales. Celles-ci sont également mises à l’index, pour le même motif, par d’autres citoyens au niveau de sites avoisinants. Les habitués de cafétérias et de restaurants de la place Madaur se plaignent, eux à titre d’exemple, ces jours-ci, des saletés qui ne cessent de s’accumuler. Vue de loin, l’esplanade de cet ancien centre commercial, en forme de U, parait magnifique, mais dès que l’on y prend place, on est étranglé par l’inhalation des immondices. Les gérants de ces établissements commerciaux, notamment les cafétérias, ne font que nettoyer à la hâte leur espace de vente, à une certaine heure de la nuit, en prétextant que le lavage quotidien, à grande eau, de la dite esplanade, incombe aux agents communaux. Ces derniers, oubliant ce site constamment fréquenté vu son emplacement au centre-ville, ne passent qu’aléatoirement dans d’autres quartiers. «Dans nos quartiers, les déchets s’entassent dans les poubelles durant plus de quatre jours et il faudrait à chaque fois qu’on appelle les services de voirie pour qu’ils fassent leur travail», protestent encore les habitants de la cité du 20 Août. Moins de 500 m plus loin, à Alléliguia, située à l’entrée sud du chef-lieu de wilaya, des tas de détritus côtoient les restaurants et gargotes alignés aux abords de la route. Ces endroits croulant de déchets ménagers jouxtent aussi, chose paradoxale, la mosquée et le lycée polyvalent. Pourtant, d’importants budgets ont été consacrés par la collectivité ces dernières années, pour l’aménagement d’espaces verts au niveau de nombreuses cités de cette ville, et ce, parallèlement à l’embellissement du front de mer de l’ex Rocher Noir. «La question de la préservation de la propreté de l’espace vital n’a pas été prise au sérieux, ces dernières années, par les différents exécutifs communaux», s’inquiètent aussi des anciens professeurs de l’ex-INH, premier institut universitaire de cette ville, en souhaitant tout de même que l’ex Rocher Noir parvienne à redorer son blason, avec la contribution efficace des différentes cités, dont certaines viennent d’improviser un volontariat pour nettoyer et embellir leur lieu de vie.

Salim Haddou

Partager