La wilaya de Tizi-Ouzou, notamment sa région sud, est sale. Le constat est fait par tout le monde, les autorités concernées en premier lieu.
Le manque de moyens pour assurer la collecte des ordures, l’indisponibilité de centres d’enfouissement et de décharges contrôlées et l’incivisme généralisé sont les causes brandies. Mais la question est la suivante : Sommes-nous condamnés à vivre dans l’insalubrité et la pestilence ? La réponse est bien évidemment non ! C’est ce que répondront tous les responsables et tous les citoyens.
Le hic est que presque personne ne fait quelque chose de durable et d’efficace pour rendre à notre wilaya son label de propreté et de beauté. Pour constater les dégâts fait contre l’environnement, il n’y a parfois qu’à regarder de la fenêtre de chez soi. Le décor est bien triste. Les ordures et les déchets de toutes natures foisonnent.
Les décharges sauvages font malheureusement partie intégrante du paysage. Les moustiques et autres insectes de toutes sortes se comptent par millions d’essaims et les animaux parasites (chiens, chats, rats…. ) pullulent par meutes. Dans tous les chefs-lieux de communes et les villages le constat est identique. A Ouadhias par exemple, tous les espaces sont envahis par des meutes de chiens. A proximité du Talweg, qui reçoit toutes les eaux usées de la ville, un véritable Oued el Harrach s’est formé.
L’air est irrespirable tellement les odeurs sont nauséabondes notamment en saison chaude. Les riverains sont obligés de circuler en se bouchant le nez, de fermer leurs fenêtres et d’accompagner leurs enfants pour les protéger des chiens errants omniprésents. Le fameux projet d’un ovoïde de plus de 15 kilomètres, sensé canaliser ces eaux usées est toujours renvoyé aux calendes grecques.
A Tizi Ntléta, le décor n’est pas meilleur. La décharge communale est contestée par les riverains qui n’arrivent plus à respirer lorsque le feu est mis aux ordures. Vendredi passé le feu s’est propagé aux oliveraies, aux figueraies et aux foyers limitrophes. Les habitants ont dû fermer la RN30 pour protester contre la persistance de la décharge. Un ultimatum a été donné au maire pour trouver une solution aux ordures de sa municipalité. Du côté d’Alma Neslah, un autre Talweg malmène les habitants.
Toujours dans la même commune, la décharge sauvage de Tizgui, sise entre Aït Abdelmoumène et Béni Douala, grandit de jour en jour et réduit la chaussée de moitié. Tout cela au su et au vu de tout le monde. Du côté de Souk El Tenine, l’insalubrité bat son plein. Même le chef-lieu n’est pas épargné notamment les jours de marché (lundi et jeudi). Il nous a été donné de constater que certains bouchers jettent leurs abats et leurs déchets aux abords mêmes de la chaussée (à proximité de la polyclinique exactement).
Toujours dans la même commune, en allant vers Mechtras par le CW147, les abords des routes sont jonchés de canettes, de bouteilles vides et de multiples rebuts. La sinistre décharge sauvage d’Ighil Oumenchar déborde malgré sa fermeture depuis des années.
A Mechtras, la situation est chaotique. L’environnement est en souffrance et la pollution menace d’une catastrophe dont les conséquences seront lourdes si rien n’est fait pour assurer une collecte régulière, généraliser le réseau de l’assainissement et prendre en charge les points noirs.
A Boghni, Assi Youcef et Maâtkas, le dénominateur commun reste malheureusement l’insalubrité et la pollution. Que faire ? Vivre en milieu d’immondices et de saleté ou mettre les mécanismes efficients pour redresser la barre ? Le choix est normalement vite fait.
Hocine T.

