Le cœfficient sera relevé de 1 à 2 pour l’examen de la sixième, de 4 à 5 pour le BEM. Pour ce qui est du bac, un barème a été établit selon la filière suivie. De 2 à 3 pour les élèves de terminale suivant la branche économie et gestion, de 4 à 5 pour les troncs communs lettres et langues étrangères et de 5 à 6 pour la branche lettres et philosophie. C’est ce qu’a indiqué Boubekeur Benbouzid, ministre de l’Education nationale en marge de l’ouverture de la rencontre nationale organisée à la Bibliothèque nationale sur « la promotion de l’enseignement des langues arabe, amazighe, histoire et sciences islamiques ». « Je ne fais qu’appliquer les décisions du Conseil des ministres », souligne le ministre tout en précisant que cette question a été étudiée à deux reprises au niveau du conseil du gouvernement. Cette action accompagnée par le renforcement des heures d’enseignements de la première année primaire à la troisième année secondaire qui passseront de 1 154h à 1 740h, soit une augmentation de 12 %, revêt, aux yeux des décideurs, une « importance capitale » dans la mesure où elle permettra la revalorisation de la langue et surtout l’amélioration de son enseignement. L’objectif, souligne Benbouzid, « c’est d’élever le niveau des élèves qui, actuellement est loin d’être satisfaisant », pour reprendre ses dires. Ce dernier, profitant de cette occasion, est revenu à la charge en affirmant que cette décision concerne aussi bien les établissements scolaires publics que privés. » L’enseignement en langue arabe est obligatoire », a-t-il soutenu avant d’enchaîner que cette mesure est de mise également pour les classes du préscolaires, qui seront généralisés en 2008. Le développement des compétences notamment dans les disciplines structurant la personnalité des potaches, celles liés à son identité nationale constituent la préoccupation des pouvoirs publics. C’est d’ailleurs l’objet assigné à la rencontre d’hier qui s’étale sur deux jours.
Tamazight, une branche ouverte aux formateursLa revalorisation de la langue tamazight est également inscrite dans le canevas du département de Benbouzid. Etant donné que la qualité de nationale est reconnue à cette langue, il a été décidé, dans le cadre de la réforme éducative de dégager une batterie de mesures susceptibles de mieux prendre en charge l’enseignement de tamazight. A ce titre, Benbouzid a fait rappeler tous ce qui a été fait dans ce sens en citant la mise en place du centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de la langue tamazight, l’ouverture d’une nouvelle branche pour la formation des encadreurs et inspecteurs et la réalisation de manuels spécialisés. Toutefois il estime que malgré les efforts consentis, beaucoup reste à faire pour la généralisation de l’enseignement de Tamazight sur tout le territoire nationale. Une chose qui lui parait peu évidente car d’après lui, » elle ne peut être généralisée, faute de syntaxe « . » Nous ne voulons pas réserver cette langue juste pour un peuple, il nous faut beaucoup de temps » a indiqué le premier responsable du secteur en précisant qu’il ne s’agit pas là d’une décision politique mais d’une approche scientifique. Une équipe de scientifiques se penche, d’après lui sur ce dossier et il est attendu qu’elle formule ses propositions au conseil des ministres pour trancher une fois pour toute la transcription avec laquelle tamazight sera dispensée soit en tifinagh, en arabe ou en latin.
Sciences islamiques, une concession aux intégristesContrairement à ce qui ce fait actuellement, les élèves du secondaire touchés par la réforme éducative auront comme matière d’examen en plus des matières classiques les sciences islamiques. Cette matière est introduite au baccalauréat pour la session de juin 2008. Benbouzid a indiqué que les heures d’enseignements de cette filière ont été revues à la hausse, dépassant les 89 heures dans tous le cursus éducatif. « De cette façon tous le monde aura la chance de suivre cette filière », souligne le ministre. Cette démarche ne constituera t-elle pas une alternative à la suppression de la branche de la Charéâa du cursus éducatif ou autrement dit une concession faite aux islamistes ? A cette question, Benbouzid estime que l’approche adoptée par son département permettra, au contraire, « d’assurer le contrôle et faire le rempart contre toute déviation et extrémisme ». « Nous oeuvrons pour que la dispense de cette filière ne soit pas une préoccupation des partis politiques mais de l’Etat », a répliqué l’orateur. Pour ce qui est de la matière de l’Histoire, le ministre de l’éducation a fait savoir que celle-ci connaïtra un « changement radical », dans ses programmes, ses manuels et même le volume horaire de son enseignement. Ce dernier a été élevé à 78 h pour tous le cursus éducatif. A la question de savoir si le ministère n’appréhende pas une surcharge dans les programmes, Benbouzid a précisé qu’il s’agit simplement d’un rajout d’une demie-heure de plus par semaine. « Une demie-heure c’est trop mais nous oeuvrons pour que toutes les matières dispensées soient mieux rentabilisées », affirme l’orateur.
Vacataires/Les salaires seront payés d’ici 3 moisA la question de connaître le sort des vacataires dont les salaires n’ont pas été versés, Benbouzid a déclaré q’un compromis a été résolu avec la Fonction publique, notifiant que tous les salaires impayés seront réglés dans deux à trois mois. En ce qui concerne le système de l’évaluation, le ministre a indiqué que le laisser aller qui a entaché le secteur pour longtemps sera définitivement réglé par l’introduction de l’approche par compétence qui oblige non seulement les éducateurs mais aussi et surtout les chefs des établissements des résultat positifs. « Nous ne reviendrons plus jamais à l’ancien système qui n’a fait que produire un échec. Maintenant la machine de l’éducation et reprise en main », a dit Benbouzid avant de conclure que la première évaluation de l’application des réformes introduites dans son secteur sera faite au mois de mars prochain en rendant public le rapport d’étape.
Wassila Ould Hamouda
