Bouira Les ménages à faible revenu y trouvent leur compte – Ruée vers les friperies

En cette veille de rentrée scolaire, les parents, et surtout ceux issus des couches les plus défavorisées de la société se ruent sur les magasins de friperies. En effet, en cette période de crise, où le moindre centime compte en fin de mois, certains ménages n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les magasins de vêtements usagés, parfois encore en bon état, afin d’offrir à leurs enfants de nouveaux habits pour la rentrée scolaire. Ces derniers jours à Bouira, notamment au niveau des artères commerçantes du chef-lieu de la wilaya, il a été observé une forte affluence à ces étals, où les prix des vêtements sont 40 à 60% moins chers que les neufs. Ces échoppes permettent en effet à beaucoup de citoyens de s’habiller correctement et à moindre coût, ce qui n’est guère négligeable pour des familles contraintes à jouer aux «équilibristes» entre les dépenses de la rentrée et l’Aïd El Kebir. Un jean valant entre 2 500 et 3 000 DA dans les commerces conventionnels y est cédé entre 1 000 et 1 300 DA. Cependant, il faut ne point être exigent et accepter le fait que ces vêtements «Low Cost» ont eu d’autres propriétaires. Ce sont là des conditions sine qua non pour être client de ces boutiques. Mais, les citoyens ont-ils vraiment le choix ? Vont-ils dans ces endroits par simple plaisir ? Bien évidemment que non ! «Vous croyez réellement que si j’avais les moyens et le choix, je viendrais habiller mes enfants pour la rentrée dans cet endroit ? C’est la mort dans l’âme que je viens me ravitailler en ce lieu», témoignera une femme au foyer rencontrée dans l’une de ces friperies, située au niveau du quartier des 1 100 logements. Notre interlocutrice, qui semblait avoir jeté son dévolu sur une petite robe à fleurs, précisera : «Vous voyez cette robe, elle est à 1 400 DA, alors que dans les magasins elle doit faire le double ou le triple. Mais elle un peu décousue et a besoin d’être raccommodée», a-t-elle regretté. Il est vrai que les habits proposés par certaines friperies laissent vraiment à désirer : jeans trop usés, robes complètement décousues, et d’autres vêtements en haillons. Le tout disposé en gros tas, dans des cartons ou à même le sol. Bref, le strict minimum. Un vendeur expliquera : «Les gens qui pénètrent ici ne sont pas à la recherche d’une belle présentation, ils veulent un produit potable et pas cher. C’est ce qu’on tente de proposer à nos clients. Celles et ceux qui ont les moyens, ne viennent pas ici, ils préfèrent acheter des vêtements neufs, dans des magasins à la présentation soignée et je les comprends». Il notera : «Cependant, il faut proposer une autre alternative à ceux qui ne peuvent débourser 2 000 DA pour un jean et 6 000 da pour une robe. Car, croyez-moi, les temps sont durs, très durs !». A toute heure de la journée, ces magasins ne désemplissent pas, les citoyens s’y empressent dans le but de ‘’dénicher’’ la bonne occasion, c’est-à-dire un rapport qualité prix décent. Mohamed, coiffeur de son état soulignera : «Je suis père d’une petite fille de 6 ans, et comme toutes les petites filles de son âge, elle veut être coquette, c’est normal. Cependant, la coquetterie se paie au prix fort, et hélas, mes moyens financiers ne me permettent pas d’aller dans une boutique de prêt à porter, car les prix affichés y sont prohibitifs. Alors, je me rabats sur les friperies dans l’espoir de trouver quelque chose dans mes moyens. Heureusement que ce genre de magasins existent, sans cela, les petites bourses ne peuvent survivre». Pour conclure, il est évident que ces friperies sont salvatrices pour bon nombre de citoyens, plus particulièrement en cette rentrée scolaire. Toutefois, des progrès restent à faire en ce qui concerne la qualité de produits, afin que le nom de friperies ne soit plus synonyme de ‘’magasin de chiffons’’.

Ramdane. B