Affichage anarchique

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Pour annoncer l’ouverture d’un commerce, la vente d’un appartement ou tout simplement proposer ses services, les habitants de Aïn El Hammam, tels des spécialistes en publicité n’ont pas trouvé meilleur support que les murs ou le mobilier urbain. Des murs récemment repeints portent déjà les traces des affiches collées par des citoyens. Personne ne semble s’embarrasser de la réglementation concernant ce genre de réclame. N’importe qui affiche n’importe quoi au mépris de la loi sur la publicité extérieure. Les murs de la ville sont constamment sollicités pour s’adresser à la population. Ils deviennent, par la force des choses, des moyens de communication, faciles d’utilisation et gratuits. Les plaques de signalisations dont le message est recouvert par un placard publicitaire sont monnaie courante, en agglomération ou en rase campagne. Ce qui peut être assimilé à de la dégradation des biens de l’état. On salit les murs, les abris bus et même les portes des habitations ou des commerces privés avec des affiches fixées avec de la colle forte pour qu’elles demeurent à jamais. Certaines, datant des mandats électoraux, d’il y a une dizaine d’années, trônent toujours, à plusieurs mètres du sol. Lorsque les placards se limitent aux faire parts de décès, personne ne trouve matière à contestation, du fait que les habitants compatissent avec les familles des défunts et ne peuvent communiquer rapidement, que de cette manière. Par la suite, les appels à solidarité firent leur apparition, suivis de diverses publicités d’événements à caractère culturel ou religieux. Des offres de service, de vente d’appartements ou de matériel et même de déclarations à caractère politique, se font de plus en plus nombreuses jusqu’à tapisser entièrement certains murs. La plupart des placards sont anonymes, du fait qu’ils ne sont pas signés et ne portent pas de cachet et encore moins de timbre fiscal. Il y a quelques jours, les citoyens ont été surpris de trouver une grande photo d’un format de 30X40, portant entête «avis de recherche» et un numéro de téléphone. «Qui cherche qui ?» se demande-t-on.

Même les partis politiques, les associations agréées par l’état et autre organismes s’y mettent, sans aucun respect des règles régissant la publicité extérieure, ou de l’environnement.

Même les portails des écoles, de la mairie et de l’hôpital n’échappent pas à cet outil de

communication. Les «avis» sont si nombreux que le commun des citoyens ne prend plus le temps de les lire, bien que certains en vaillent la peine.

A.O.T.

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