La femme rurale à l’honneur

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La femme rurale a été à l’honneur durant ce week-end. L’association Assirem Gouraya lui a rendue hommage en lui dédiant une fête du jeudi au samedi. Bien que durant la dernière journée, seule une randonnée a été organisée au village d’Ibarissen pour célébrer, par la même occasion, la journée du 17 octobre 1961, celles du jeudi et du vendredi ont été riches en activités. Inaugurée le jeudi au niveau de la Maison de la culture Taos Amrouche de Béjaïa, cette manifestation a été l’occasion de découvrir différents produits du terroir et les potentialités de la femme rurale à travers les expositions d’articles de poterie, vannerie, bijouterie, tapisserie et les mets entrant dans les arts culinaires. La cuisine traditionnelle a eu même droit à un concours et la grande table était assez bien achalandée en mets et plats traditionnels préparés par des femmes venues des différentes zones rurales de la wilaya. Pour les enfants, ils ont été impliqués dans le concours de dessin dont le thème est en relation avec la femme rurale et ses activités. Le chant du style «Achewik» a ravi l’assistance après que quelques femmes aient déclamé quelques refrains. Le lendemain, c’est le village d’Ichekfiouen, dans la commune d’El Kseur, qui abritera la deuxième partie des activités. L’entame a été faite par une visite guidée dans ce beau village abandonné par ses enfants. À l’exception de quelques familles qui y vivent toujours, le reste de la population a choisi d’autres lieux plus adaptés : les grandes villes du pays dont El Kseur, chef-lieu communal. Pourtant, le village est magnifique et les maisons sont toutes construites en pierres et en terre, les toits sont en tuiles rouges. De nombreuses maisons ne sont que des amoncellements de pierres, puisque les intempéries et le manque d’entretien les ont détruites. Par contre, il reste quelques maisons en bon état puisque les habitants y reviennent en hiver pour la cueillette des olives et en saison estivale pour une villégiature. La superbe «Tajmaat» du village a été le théâtre d’une exposition sur les potentialités du village, les visiteurs ont été invités à une table de dégustation de plats typiquement locaux. Après dégustation, les 200 randonneurs et randonneuses présents ont parcouru un sentier abandonné depuis près de trois décennies à cause de l’ouverture d’une nouvelle piste. La randonnée a eu lieu en plein milieu d’une forêt verdoyante et dense et la présence en masse des arbres «Arbousiers ou Assisnou» a rendu le paysage plus beau encore, surtout que les fruits étaient abondants et succulents. Dans la première phase, les participants ont traversé la forêt pour arriver à un oued à l’eau potable dont le nom pittoresque est «Oued Fridoun» qui alimente les vergers et les potagers familiaux en eau d’irrigation. Un déjeuner champêtre a été offert par les organisateurs au profit de tous les participants. «Cette fête consacrée à la femme rurale est une occasion de rendre la parole à la femme rurale à travers ses activités dans tous les domaines, surtout qu’elle fut toujours présente dans la vie de la montagne et du monde de la campagne. C’est une façon de lui rendre hommage puisqu’elle fut aussi une actrice essentielle dans la vie des maquis pour lesquels elle donna le meilleur d’elle-même : elle fut à la fois moudjahida, paysanne, femme des missions périlleuses et sa participation à la guerre de libération fut capitale», dira Amar Rabhi, animateur de l’association. Il est utile de souligner que la date choisie coïncide avec la Journée internationale de la femme rurale, la Journée mondiale de l’alimentation et la commémoration des évènements du 17octobre 1961.

A.Gana

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