Béjaïa Alors que l’étude d’expertise a été finalisée il y a un an – Le vieux bâti attend sa réhabilitation

Après le lancement dernièrement du projet de rénovation du réseau d’alimentation en eau potable de la commune de Béjaïa, datant de l’ère coloniale (1890) et fait de fonte en grise, les habitants de la capitale des Hammadites attendent avec impatience la réhabilitation du vieux bâti de l’ancienne ville de Béjaïa. Une étude d’expertise et de diagnostic de ce vieux bâti a été menée, l’an dernier, par l’organisme national de contrôle technique (CTC), dans le cadre d’une opération visant onze wilayas du pays. Le but de cette étude était d’évaluer les risques qui menacent ces logements construits pour la plupart au 19e siècle. Pour rappel, le bureau d’études CTC-Est avait présenté son travail d’expertise devant les autorités locales et les élus de la région, au mois d’octobre 2014, au niveau de la salle des Congrès de la wilaya. L’expertise, qui s’est limitée au périmètre dit «secteur sauvegardé de la ville de Béjaïa», tel que défini et délimité par le décret n°13-187 du 06/05/2013, et s’étalant sur une superficie de 70 hectares, s’est déroulé en deux phases. Premièrement, les techniciens et ingénieurs du CTC avaient récolté toutes les informations caractérisant l’état de la bâtisse, son type d’occupation et son usage. Ce diagnostic a permis de classer la construction. La deuxième étape avait consisté dans la détermination du type d’intervention nécessaire à effectuer pour la prise en charge de la bâtisse. L’étude menée par le CTC, qui a coûté 24 millions dinars, avait conclu que sur les 2 607 logements expertisés, 194 sont en bon état, 441 légèrement dégradés, 827 moyennement dégradés (32%), 685 fortement dégradés (21%) et 460 menacent ruines (12%). Par ailleurs, cette étude a lié les causes principales de la dégradation du vieux bâti de la ville de Béjaïa à la topographie de la ville, qui représente de fortes pentes, la nature des sols constitués de remblais, l’effet des eaux, le manque de maintenance et d’entretien, les modifications anarchiques apportées par les occupants, la vétusté ainsi que la série des secousses telluriques ayant frappée la région, le séisme de novembre 2012. Il est important de rappeler à juste titre qu’une soixantaine de familles, dont les logements ont été lourdement affectés par ce séisme et classés dans la zone rouge, ont été relogées dans des logements neufs, au niveau de la cité Sidi Ali Lbhar. Malgré l’urgence de la situation, le projet de réhabilitation de ce vieux bâti peine à être lancé. Les familles qui occupent ces logements continuent à vivre en ayant la peur dans le ventre. Tout le monde garde à l’esprit la panique indescriptible qui a eu lieu lors du séisme de 2012 et les répliques qui se sont suivies. Avant, l’ancien tribunal de la ville de Béjaia, datant de l’ère coloniale, s’est partiellement effondré. Pour sa part, l’association œuvrant pour la préservation du patrimoine de la ville de Béjaïa insiste pour que le CTC élargisse son expertise aux vestiges historiques dont recèle la ville de Béjaïa.

B. S.