Le premier trimestre a pratiquement pris fin et le démarrage des cours n’est pas encore effectif pour la plupart des filières au campus sud de l’université M’hamed Bougara de Boumerdès. Il n’y a presque, quotidiennement, que l’image d’un groupuscule d’étudiants, fermant le portail de cette institution d’enseignement supérieur face à leurs centaines de camarades, agacés par de telles turbulences récurrentes. D’ailleurs, tôt dans la matinée d’hier, certains recalés de la branche de physiologie, de la filière de biologie, avaient recouru à la même action, pour réclamer le rachat pour l’accession au Master 1. C’et un énième blocage de l’accès vers ce lieu de savoir, qui vient de succéder à une forme de protestation similaire attribuée aux étudiants de certaines branches de technologie. »Peut-on connaître, une fois pour toutes, la date du démarrage effectif des cours dans cette université ? », se demandait naïvement un sexagénaire, refusant que sa fille fasse inutilement le voyage aller retour, chaque jour, entre Cap Djinet et Boumerdès. »Cette question est du ressort de l’administration de l’université », lui répond-on. Mais apparemment, celle-ci, elle même, ne peut pas donner une date précise de la reprise de l’activité professionnelle des différents départements. »Au mois d’octobre, les structures citées s’étaient occupées de l’organisation des examens du deuxième semestre 2015, ajournés en juin dernier pour cause des grèves estudiantines, alors que le mois suivant fut réservé aux examens de rattrapage et à l’étude des recours, suivis des réunions de jury pour chaque matière », nous a fait savoir un professeur d’anglais. Parlant du département où il enseigne, ce professeur signalera, d’un air désappointé que seules les classes de première année ont commencé leurs cours théoriques et pratiques il y a quatre semaines. Ceux de la deuxième année, de la même filière, viennent juste d’effectuer leurs inscriptions pédagogiques, avec établissement de l’emploi du temps pour chaque groupe. Au département de français, les travaux dirigés ne sont pas encore assurés ni pour les inscrits en deuxième année ni pour ceux du pallier suivant, a-t-on encore constaté. La situation des classes de Master 1 et 2 n’est pas reluisante, puisque ces étudiants de rang supérieur ignorent eux aussi la date de l’entame des cours. Ils se considèrent, pour la plupart en fin de cycle, compte tenu de la limitation à outrance du nombre des admis au doctorat. Mais dans leur for intérieur, ils craignent de manquer de compétence dans leur vie active. »Personne n’ignore que le programme étudié pour chaque filière est trop allégé en raison des arrêts de travail successifs et exagérés dans cet institut universitaire », finit par exploser une étudiante en sciences technologiques. Profitant de ces moments de grèves à répétition, de nombreux étudiants révisent les leçons de leur programme au niveau de la bibliothèque centrale de l’université qui est heureusement épargnée par ce mouvement de protestation estudiantin.
Salim Haddou
