Haïzer L’opération a été organisée le week-end dernier – Voumchref renoue avec Thimechret

Le village de Voumcheref, relevant de la commune de Haïzer à une dizaine de kilomètres au Nord du chef-lieu de wilaya de Bouira, était en liesse le week-end dernier.

Renouant avec les traditions ancestrales, le comité du village a organisé une «Thimechret» à l’honneur des habitants du village. En effet, depuis le début des vacances scolaires, les préparatifs ont été entamés par les villageois avec une étroite collaboration des autorités locales. «Un tel événement est toujours vécu passionnément par la population. La joie des retrouvailles avec toutes les familles qui ont émigré avec toutes les filles du village mariées à l’extérieur et enfin la joie de renouer, l’espace d’une journée, avec la solidarité qui caractérisait, dans le passé tous les villages kabyles», nous dira l’un des villageois. Ainsi, pas moins de cinq veaux ont été sacrifiés et plusieurs parts de viande correspondant au nombre de ménages concernés, ont été distribuées. L’opération de distribution a été effectuée sur la base d’une liste élaborée au préalable, et qui inclut les noms des familles du village et d’autres familles nécessiteuses.

«En organisant cette action, notre objectif est de ressusciter les valeurs humanistes, telles la solidarité et la fraternité qui prévalaient, jadis, dans nos villages. Ce faisant, nous voulons également lutter contre l’individualisme stérile et négatif qui ronge la société», nous disent les organisateurs. «Thimechret» ou «Lewziâa» se révèle être un rite social séculaire qui se pratique, non seulement pour célébrer un événement comme cela se faisait dans le passé (début des labours, approche du Ramadhan ou de l’Aïd, arrivée des pères de familles qui ont émigré depuis fort longtemps pour fêter leur retour…. ), mais aussi «thimechret» est organisée pour permettre la préservation du tissu social, protéger son homogénéité et éloigner le mauvais sort. La cherté de la vie incite également les gens à recourir à la solidarité et à l’union pour se soustraire aux relents des mauvaises conditions de vie qui caractérisent les villages Kabyles.

O. K.