Les migrants subsahariens se réinstallent dans la capitale des Hammadites. Dans les rues, sous les ponts, en bas des immeubles…des familles avec enfants sont vues quotidiennement mentmendiant pour avoir de quoi se nourrir.
Des cas désespérés qui indiquent probablement que ces Africains de l’Ouest n’ont pas d’autre choix que d’occuper des espaces publics, et ce, au vu et au su des autorités locales. Fuyants les conflits qui minent leurs pays, des milliers de migrants Subsahariens arpentent désespérément la principale ville de Béjaïa ainsi que les localités limitrophes. Phénomène récurrent, faut-il le dire, même si la migration subsaharienne vers l’Algérie est un problème, relativement, récent. Alors que la migration interrégionale est constante depuis les années 1970, principalement entre l’Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie, la migration en provenance de l’Afrique de l’Ouest n’a, réellement, pris de l’ampleur qu’au début des années 2000. Les conflits locaux ont amplement favorisé la migration des contingents de réfugiés vers les pays voisins. Les autorités nationales ont longtemps occulté la réalité de la migration subsaharienne vers l’Algérie, considérant que les populations migrantes ne faisaient que transiter à travers le pays pour rejoindre l’Europe. Mais force est de constater que ce phénomène tend à prendre des proportions alarmantes au grand désarroi et des réfugiés et des populations locales. À l’entrée de la ville de Béjaïa, à Bir Esselem, des dizaines de familles de réfugiés s’entassent sous le pont pour se protéger un tant soit peu du froid et de la pluie. Cependant, la mendicité est devenue un quotidien amer auquel les réfugiés s’adonnent à longueur de journée pour des bouchées, souvent affamées. Visiblement, les pouvoirs publics semblent être dépassés par les événements, car tout indique que le retour des migrants Subsahariens se fait progressivement et par grappes de familles où généralement un ou deux enfants les accompagnent. Pourtant, le ministère des Affaires étrangères avait affirmé que l’émigration clandestine ne serait plus tolérée sauf dans les cas humanitaires où certaines zones frontalières sont livrées à des conflits de guerre. Pour l’instant, les habitants sont astreints de s’accommoder avec ce phénomène qui ne doit en aucun cas rester à la marge, d’autant plus que le risque d’épidémie est plausible au vu de l’insalubrité régnant en maître des céans dans les espaces occupés par les réfugiés.
Bachir Djaider

