M'Chedallah L'anarchie perdure, s'accentue et s'aggrave de plus en plus – Le transport de voyageurs dans tous ses états

C'est l'un des créneaux qui enregistre son plein essor depuis sa privatisation, malheureusement, dans une incroyable anarchie décriée sporadiquement par les utilisateurs et évoquée à plusieurs reprises sur ces même colonnes sans qu'une quelconque administration ne lève le petit doigt pour y mettre un terme à travers un programme de suivi ou de contrôle sur le terrain.

Le secteur des transports, puisque c’est de ça qu’il s’agit, est livré à lui-même, et où le client perd son statut de roi et fait plutôt figure de dindon de la farce avec des prestations de services où ne priment que les gains et recettes de fin de journée. Dans des terrains vagues n’ayant connu aucun aménagement que les pouvoirs publics qualifient sans rougir d’agences ou stations de bus, et des véhicules qui, eux, sont mal entretenus et sauvagement exploités par leurs propriétaires, les voyageurs subissent un mépris total, cela en plus des dangers réels auxquels ils sont exposés à cause de la vétusté des véhicules de transport ! Il est à souligner que certains d’entre ceux qui pratiquent cette activité le font sans aucune autorisation, de façon clandestine, notamment ceux desservant les communes de haute montagne, exception faite pour les minibus qui assurent les dessertes M’Chedallah-Bouira et M’Chedallah-Akbou qui offrent un minimum de commodités. Telle est l’image actuelle de ce créneau dans la région. Concernant les fourgons aménagés servant au transport de voyageurs à travers toutes les communes de la daïra, ils offrent le même décor : sales, rouillés, usés, plus incroyables encore, ces véhicules utilitaires se distinguent par leur excès de vitesse et rivalisent même avec d’autres transporteurs pour le maximum de navettes entre le chef-lieu de daïra et celui de leurs communes respectives. Ceci, bien entendu, aux fins d’arrondir et de gonfler les recettes de fin de journée. Le reste, et tout le reste, est pour eux secondaire ; ni le confort ni encore moins la sécurité du voyageur ne leur causent du souci. Ce dernier voyage dans des conditions lamentables dans des véhicules aux portières qui se ferment mal étant tordues et déformées, où des ressorts des sièges torturent son bassin le long du trajet, où la garniture intérieure n’étant plus qu’un souvenir, où de la graisse noire dégouline des rails des portières coulissantes auxquels s’ajoutent des boules puantes de chique enrobées à la mode dans du papier à tabac jonchant le plancher, mélangées aux crachats et bien souvent des vomissures. Toutes ces saletés repoussantes visibles à l’œil nu confirment, on ne peut mieux, que ces véhicules ne sont pas nettoyés en fin de journée comme stipulé par la réglementation en vigueur. Avant de rejoindre son siège, il faudrait d’abord patienter longtemps au niveau de l’arrêt ne comportant aucun équipement ni banc ni abri, qu’il vente ou qu’il pleuve. L’on est contraint de subir les affres d’un climat qui est loin d’être clément, en hiver comme en été. De plus, au moindre mouvement, il faudrait user de prudence et faire attention où mettre les pieds à cause des innombrables nids-de-poule, et le terrain tout cabossé. Les fractures, torsions et autres foulures sont monnaie-courante en ces lieux et dont en sont victimes les personnes âgées, les malvoyants, les femmes enceintes ou encore les personnes obèses qui manquent d’agilité. Au niveau de l’agence de M’Chedallah, qui est le point de ralliement de toutes les destinations à travers la daïra, il est fréquent de voir la police établir un barrage de routine à l’entrée, mais les agents se contentent bien souvent de régler la circulation ou dresser des PV à quelques… sans papiers qui exercent dans ce créneau. Cette agence n’est en fait qu’une vulgaire plate-forme qui ressemble à un champ de bataille soumis à un intense pilonnage à l’artillerie aménagée (le mot est disproportionné par rapport à son état) à côté de l’hôpital qui est beaucoup plus nuisible qu’utile. Au moment où l’Etat s’est engagé dans la bataille de modernisation du transport par la réalisation d’autoroutes, autorails, métros et autres ports et aéroports sophistiqués ultramodernes, il est désolant de constater que ces régions du pays profond ne suivent pas et se confinent dans l’archaïsme et le laisser-aller aux retombées négatives sur la population, son développement et son progrès de manière générale. Ne pense-t-on pas que ce cas de figure entacherait l’image d’un pays qui se targue d’être en voie de modernisation ?

Oulaid Soualah