Les enseignants contractuels et vacataires ont été évacués, hier, par les forces de l’ordre. Dans la rue depuis le 27 mars dernier et en sit-in non-stop à Boudouaou depuis maintenant deux semaines, les enseignants contractuels et vacataires ont été évacués, vers 3H du matin.
«C’est aux environs de 3H du matin que les forces de l’ordre sont intervenus pour disperser brutalement le rassemblement permanent des enseignants contractuels et vacataires», a déploré le porte-parole du conseil des lycées d’Algérie (CLA), M. Idir Achour, qui accompagne les contractuels protestataires depuis l’entame de leur action de protestation. Des dizaines de bus ont été mobilisés pour embarquer les enseignants. Une partie des enseignants contractuels a été transportée vers la wilaya de Béjaïa alors que les autres ont été transportés vers Rélizane. Selon lui, «cinq blessés ont été dénombrés après l’intervention musclée des services de sécurité». «Nous avons évacué trois enseignants blessés vers une structure de santé dans la ville de Boudouaou, deux autres en état grave ont été évacués vers Birtouta», a affirmé la même source. «C’est une violation complète des procédures légales de l’Algérie», a déploré le porte-parole du CLA, avant d’ajouter qu’ «à travers le recours à la force, les pouvoirs publics n’ont pas respecté la procédure réglementaire. Ils n’ont pas attendu le résultat de la médiation pour nous déloger». «Nous avons, ainsi que d’autre syndicats, proposé notre médiation pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le secteur après la montée au créneau des contractuels. Mais l’État a choisi la répression en ayant recours à la force», a-t-il ajouté. L’intervention «brutale» des forces de l’ordre n’a fait que verser de l’huile sur le brasier. Les enseignants contractuels ne comptent en aucun cas faire marche arrière. Ces protestataires comptent poursuivre leurs action jusqu’à obtenir gain de cause. «Les responsables du secteur doivent prendre leurs responsabilités afin d’éviter la perturbation du déroulement du troisième trimestre qui menace la préparation des examens de fin d’année», a-t-il averti. Selon lui, les contractuels comptent se regrouper, aujourd’hui dans la ville de Béjaïa, afin de réfléchir à la forme de protestation à entreprendre. «Les syndicats ne vont pas se taire devant une telle situation. Nous allons organiser des conseils nationaux pour prendre les décision qui s’imposent», a-t-il souligné. Pour sa part, le syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP) a dénoncé avec force l’intervention musclée des forces de l’ordre qui ont, violemment, dispersé le rassemblement des contractuels vers 3H du matin. «Les enseignants contractuels et vacataires ont été évacués de force par les forces de l’ordre qui n’ont pas daigné prendre en considération la détérioration de l’état de santé des contractuels grévistes de la faim», a déploré le SNAPAP dans un communiqué rendu publique hier. La fédération nationale du secteur de l’éducation affiliée au SNAPAP dénonce et condamne ces agissements et réitère son soutien aux enseignants contractuels protestataires.
L. O. Challal

