« Syndicat dégage » tel est le cri de colère de plus d’une centaine de travailleurs d’EATIT (ex-COTITEX) de Draâ Ben Khedda, qui se sont dirigés vers la section syndicale locale de Draâ Ben Khedda.
En effet, dans la matinée d’hier mardi (vers 10h), en colère, les travailleurs de cette entreprise se sont rendus au siège de la section syndicale de l’union locale de Draâ Ben Khedda, vers 10 h, mais la porte blindée était fermée, et aucun membre syndical n’était sur les lieux. Par ailleurs, leur principale revendication est le départ immédiat de la section syndicale de l’unité. Dans une déclaration rendue publique, hier, les travailleurs ont dénoncé la volte-face du SG de l’union locale : «le SG de l’union locale s’est prononcé clairement devant l’assemblée des travailleurs que l’assemblée générale est souveraine. Il était convaincu du retrait de confiance et de la suspension du conseil syndical, après concertation avec les instances. Le 19 Avril passé une note émanant de la direction générale adressée à monsieur le directeur du complexe, stipulait clairement : il nous a été donné de constater que la section syndicale de votre complexe avait pris l’initiative de prolonger le mandat des délégués du personnel d’une année faisant fi des textes législatifs et réglementaires». La direction générale a demandé à la direction de l’entreprise : «à ce titre, je vous demande de procéder dans l’immédiat au transfert de la gestion des œuvres sociales qui se fera désormais par la direction du complexe et d’annuler par conséquent la signature des ex-délégués du personnel sur le compte bancaire des œuvres sociales, en attendant l’élection d’un nouvel organe et l’achèvement de l’audit». La déclaration signale : «les membres du bureau du comité de participation (CP) défaillants sont aussi des membres du bureau du conseil syndical. Une réunion s’est donc tenue le 24 Avril 2016 au niveau du complexe entre le directeur du complexe, le secrétaire de l’union locale et une délégation représentant les grévistes. «Les membres de l’instance locale campent toujours sur leur position et refusent de se soumettre à la volonté des travailleurs», et c’est pour cette raison que les travailleurs demandent aussi le départ du directeur du complexe qui n’arrive pas à s’imposer et qui est accusé «de mauvaise gestion et de complicité avec le conseil syndical défaillant». L’intervention du DG de l’EATIT est expressément sollicitée par les travailleurs afin d’éviter tout dérapage en prenant des décisions qui s’imposent avant qu’il ne soit trop tard. Les travailleurs poursuivent dans le document : «nous dénonçons énergiquement le comportement méprisable et irresponsable des instances locales qui poussent le collectif en grève vers le pourrissement de la situation au sein du complexe (… ) agissements qui cachent des intérêts occultes et inavoués». Les travailleurs montent d’un cran dans leur mouvement : «nous interdisons aux instances locales l’accès au complexe pour leur laxisme et leur refus de se soumettre à la volonté des travailleurs», tout en se disant mobilisés pour défendre l’entreprise et déjouer toute manœuvre de déstabilisation. Les mêmes travailleurs se sont rendus dans l’après-midi les locaux de l’administration. Ils étaient nombreux ces travailleurs de l’ex-COTITEX de Draâ Ben Khedda à être en colère contre leurs responsables et la section syndicale qu’ils qualifient «d’indésirable au sein de l’unité». Le mouvement de colère s’accentue de plus en plus dans cette unité dont les travailleurs ne baissent ni le ton, ni les bras pour faire valoir leur principale revendication qui leur restait pour reprendre le travail, à savoir «le départ de la section syndicale», nous confie A. Rachid, l’un des travailleurs du collectif. «Le premier échec des négociations avec les responsables de la direction générale venus d’Alger, lesquelles se sont déroulées en présence des responsables de l’union locale et des cadres de l’entreprise, eut lieu la semaine dernière (le 17 avril). Le second échec eut lieu dimanche passé en présence desdits éléments», ajoutera notre interlocuteur. Les travailleurs campent sur leur position jusqu’à la satisfaction de toutes leurs revendications socioprofessionnelles. Selon l’union locale, plusieurs points de ces dernières ont été satisfaits, tels les salaires qui seront versés à terme, les arriérés de salaires à partir de janvier 2016, la prime de rendement individuelle (PRI) qui sera également versée incessamment et bien d’autres points. Les travailleurs se disent déterminés à aller de l’avant «jusqu’à l’aboutissement d’une solution satisfaisante à tous nos problèmes». Notre interlocuteur précisera que «les cadres dirigeants de l’unité ont quitté les bureaux sans dire un mot et les travailleurs se sont dispersés dans le calme, tout en maintenant leur grève». Il est à signaler qu’au cours de ce mouvement, un travailleur diabétique, un père de famille de 47 ans, a eu un malaise et a été évacué vers 14h30 à la polyclinique de Draâ Ben Khedda pour des soins.
Arous Touil

