Le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aissa, à Béjaïa – «Le vrai islam n’est pas celui des CD…»

Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, le Dr Mohamed Aissa, a effectué, dans les journées d’hier et d’avant-hier, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Béjaïa.

Il y a notamment honoré l’érudit en religion, le cheikh Tahar Ait Aldjet, inauguré six nouvelles mosquées, le centre culturel islamique Mouloud Kacem Nait Belkacem, posé des pierres angulaires à deux autres mosquées, visité deux zaouïas et le chantier de remise en l’état, après son incendie, de la mosquée de Sidi El-Mouhoub dans la ville de Béjaïa.

Les mosquées inaugurées sont celles de Sidi Ali Labhar à Béjaïa, de M’cisna, du village d’Ihayounène dans le commune d’Amizour, de Saket sur la côte ouest de Béjaïa, de Dar Nacer et d’Ibouhatmène à Béjaïa. Ces mosquées, qui sont pour la plupart situées dans les nouvelles cités, permettront aux habitants, surtout durant le prochain mois de Ramadhan, de remplir leurs devoirs religieux dans de meilleures conditions. Lors de son allocution d’ouverture de la journée d’étude sur les référents religieux nationaux au nouveau centre culturel islamique, le ministre a beaucoup insisté sur l’islam des ancêtres «qui émane de l’application correcte et intelligente du coran et de la sunna, c’est-à-dire l’islam qui est perpétué depuis des siècles par les zaouïas en Kabylie notamment».

Il ajoute même que «le vrai islam n’est pas celui des CD et des portables qui se vendent sur le trottoir». Traitant du problème du manque d’imams dont souffrent certaines mosquées, il précisera que sur instructions du président de la République, le chiffre de 500 imams formés par an passera à 1500 imams. Abordant lors d’un point de presse le colloque international sur le dialogue interconfessionnel de Béjaïa qui lui a été proposé par le wali, il soulignera que ce projet sera appuyé et sera mis sous le haut patronage du président de la République. Ce colloque international sur les dialogues des civilisations et des cultures se déroulera pendant une année entière.

Ce dialogue interconfessionnel qui jaillira de Béjaïa sillonnera par une caravane culturelle et cultuelle toutes les wilayas du pays. Lors de son périple à travers la wilaya, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs s’intéressera beaucoup à la zaouïa de Sidi Yahia El Aidli de Tamokra. Cette institution fondée au 9ème siècle par le soufi Sidi Yahia El Aidli a été la seule à rayonner à travers le territoire national pendant six siècles. Son fondateur qui est né à Ighil-Ali, est décédé en en 1477 à Tamokra. C’est une personnalité mystique et religieuse, un savant soufi vénéré comme saint dans toute la région. Actuellement, la zaouïa compte 45 étudiants venus de différentes wilayas du pas. Un projet de remplacement des structures de la zaouïa est en cours de réalisation, le taux d’avancement des travaux est à hauteur de 40 %. Financé surtout par les dons des bienfaiteurs, il bute à des problèmes de budget.

Aussi, le ministre a promis de lui apporter une aide de l’ordre de 20 millions de DA par an pendant trois ans et au wali de Béjaïa de lui accorder l’autorisation d’organiser deux collectes d’argent dans les mosquées durant le mois d’août. L’autre motif du déplacement du ministre à la zaouïa de Sidi Yahia El Aidli est de rendre un hommage mérité au cheikh Tahar Ait Aldjet, ce vieillard vénérable à la barbe blanche qui a voué sa vie pour le bien du pays et l’étude du coran. Il a reçu des mains du ministre et du wali un diplôme d’honneur et un paquet cadeau. Le cheikh est né le 7 février 1917 à Tamokra, où il a vécu toute son enfance et où il a appris intégralement le livre saint à l’âge de 12 ans. Par la suite, il a pu accéder à l’enseignement de la théologie, de l’arabe et des mathématiques.

Après Tamokra, il part à Mila compléter ses études à la zaouïa Hamlaouia, dont le rayonnement dépasse les frontières locales. Il y restera trois ans avant de retourner, en 1937, à Tamokra relancer la zaouïa détruite par le colonialisme. Pendant la guerre de libération nationale, il sera surtout le conseiller juridique du colonel Amirouche. À l’indépendance, il sera affecté en tant que professeur d’enseignement secondaire dans des lycées d’Alger, d’où il prendra sa retraite en 1979. Il continuera à prêcher la bonne parole dans les mosquées.

B. Mouhoub