Les challenges du nouveau wali

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Nommé dans le cadre d’un vaste mouvement des walis, initié par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le nouveau wali de Bouira, M. Cherifi Mouloud, aura à gérer une panoplie de dossiers sensibles particulièrement à l’aire de la situation économique du pays. Parmi ces derniers, au moins deux dossiers auront probablement une attention particulière de la part du nouveau premier magistrat de la wilaya. Il s’agit du dossier du logement ainsi que celui de la relance de l’investissement et de l’activité économique au niveau de la wilaya. Connaissant une dynamique importante, le développement local de la wilaya devrait, à ce même titre, être suivi de plus près par le nouveau chef de l’exécutif, notamment en matière de raccordement au gaz naturel et en eau potable, dont plusieurs régions de la wilaya souffrent toujours de ce manque provoquant de nombreuses protestations, malgré l’important quota de projets et d’enveloppes financières, débloqués par l’Etat. D’importants projets sont débloqués aussi pour le logement sous différentes formules à Bouira. Rien que pour le programme quinquennal 2010-2014, pas moins de 11 000 logements sociaux, 1 000 logements LPA, 1 000 unités LPP et 1 200 du type AADL sont prévus. Selon un récent constat de la wilaya, le programme en question accuse un retard de réalisation d’au moins une année. Des retards pénalisants malgré une demande sans cesse croissante, plus particulièrement pour le logement social. Malgré les nombreuses sanctions infligées par la wilaya, à l’égard des entreprises défaillantes, le constat demeure le même. La majorité des projets du logement stagnent. Une situation qui a conduit le désormais ex-wali, M. Nacer Maâskri, à multiplier les sorties sur terrain et aussi à constituer un comité technique de la wilaya, en associant les bureaux d’études et les entreprises pour le suivi au cas par cas de ces chantiers. Face à cette situation, la pression sur le logement au niveau de la majorité des localités de Bouira devient de plus en plus palpable et les responsables locaux peinent à contenir la fronde sociale. L’investissement sera l’autre dossier «chaud» qui attend désormais le nouveau wali, particulièrement durant cette période de crise économique, où le Gouvernement a fait de ce dossier une priorité absolue. Le cas le plus «sensible» sera sans le moindre doute celui de la méga-zone industrielle Sidi Khaled d’Oued El-Berdi, d’une superficie globale de 225 hectares et qui comporte pas moins de 505 lots de terrains à caractère industriel. Cependant et depuis son lancement en 2012, la zone en question n’abrite actuellement que 22 projets opérationnels, alors que la majorité des assiettes de terrains ont été attribuées. Il faut avouer que l’ex-wali qui a lui-même hérité de cette situation en 2013, n’a pas ménagé d’efforts pour la relance effective de cette zone. M. Maâskri a, en effet, enchainé les sorties sur terrain et les rencontres de proximité avec les investisseurs concernés et s’est régulièrement penché sur les problèmes exposés par ces derniers. C’est dans cette optique qu’il a réussi à la mise en place d’un plan détaillé du foncier avec des délimitations pour chaque assiette attribuée, aussi à débloquer un important projet pour l’aménagement de cette zone. Toujours pour le volet investissement, l’autre «chalenge» qui devrait être relevé par M. Chérifi, concerne le lourd fardeau de débloquer la situation d’une autre zone industrielle, celle de Dirah. Accordée dans le cadre du plan national pour la relance de l’investissement en 2015, cette zone n’a toujours pas vu le jour en raison d’un litige entre les propriétaires des terrains qui refusent de céder d’importantes assiettes pour l’implantation de cette zone. La relance effective des zones d’extensions touristiques (ZET) de la wilaya s’inscrira également dans le programme d’action de M. Cherifi. Le nouveau wali aura également comme mission de maintenir le cap sur le développement local, particulièrement pour la continuation des projets de raccordement au gaz naturel, à l’eau potable, à la réhabilitation du réseau routier et à la construction de nouveaux édifices publics, surtout que la wilaya de Bouira compte d’importants projets inscrits pour le désenclavement de plusieurs communes isolées ou touchées par le terrorisme durant les années 90.

Oussama Khitouche

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