Un père de trois filles a trouvé la mort en tombant dans un avaloir, en cours de réalisation, dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, à Chabet El Ameur, relevant de la wilaya de Boumerdès. Hier, des citoyens de ce village ont procédé à la fermeture de la route pour exprimer leur colère. Le tronçon Isserville-Chabet a été fermé en plusieurs endroits avec des blocs de pierre, des troncs d’arbres et autres objets. Les manifestants ont laissé libre cours à leur colère, car, disaient-ils, le drame aurait pu être évité. La victime, ouvrier sur un chantier, avait quitté son travail vers minuit. En voulant juste rentrer chez lui, et en l’absence d’éclairage public, il est tombé dans ledit avaloir et des ronds à béton lui ont transpercé la poitrine. Il n’a été découvert que le lendemain matin, sans vie. Ebranlés par ce drame, des habitants ont donc décidé de manifester leur ras-le-bol en fermant la route pour attirer l’attention des autorités locales : «Nous voulons que le wali vienne ici et voie ce qui se passe dans la commune. Nous voulons discuter avec lui et lui dire les quatre vérités. Ni le maire ni les élus n’ont réagi après cette tragédie ! Aucun n’est venu !», nous diront-ils. Le chef de la brigade de Chabet, qui se trouvait sur les lieux pour une autre mission, a tenté de raisonner les jeunes et de les faire revenir à de meilleurs sentiments, mais en vain : «Ce n’est pas comme ça que vous améliorerez la situation. Vous bloquez la route et pénalisez les automobilistes. Vous risquez la prison !», leur lancera-t-il. Des jeunes lui répondront : «En prison, c’est mieux. Nous aurons tout !». D’autres ajouteront : «Arrêtez ces responsables qui ne cherchent que leurs intérêts, ce sont des corrompus !». Plusieurs automobilistes ont attendu une issue favorable, mais devant l’entêtement des jeunes, la route n’était toujours pas rouverte à 11h30’. Beaucoup finirent par faire demi-tour. Ils revinrent sur Isser-ville pour prendre la direction de Timezrit, Azouza et parvenir à Tizi-Gheniff par exemple.
M. A. T

