Dans le cadre de la 8e édition du festival international du théâtre de Béjaïa, la petite salle de la maison de la culture Taos Amrouche de Béjaïa a abrité, dans la soirée d’avant-hier, Hadhayane ala hamiche el massir (Délire sur la marge du sort), un spectacle du grand réalisateur jordanien Nasr Ezzabi.
Ce dernier est renommé pour sa défense de la cause palestinienne et retrace l’humiliation des réfugiés dans les camps. Dans le spectacle, le grand comédien Khalil Chahada, incarne le personnage d’Abou Chakif, qui réside dans l’un des camps des réfugiés palestiniens. Ce dernier, allant d’un état de délire à un état de conscience, refuse la carte d’approvisionnement, car cette carte a transformé ces refugiés en une file interminable qui attend la boite à sardine et le sac à semoule alors que la Palestine s’enorgueillis de multiples richesses. Abou Chakif rejette aussi les décisions des Nations Unies qui conditionnent par cette carte leur retour au pays, comme si elle était la seule à affirmer leurs droits, comme s’ils n’avaient pas de peuple, ni d’histoire, ni de terre. Le spectacle retrace les angoisses et les souffrances des réfugiés palestiniens dispersés dans les camps. Le deuxième axe de la représentation est le laissez-passer, attribué par les pays arabes aux réfugiés palestiniens et qui a engendré leur humiliation lors de leurs déplacements entre ces pays arabes. Aussi, à cause de ces laissez-passer, plusieurs d’entre eux sont restés bloqués entre leur pays et le pays qui leur a accordé les laissez-passer. A travers son monologue, Abou Chakif appelle au retour au pays, en Palestine pour rompre avec l’humiliation subie dans les camps des réfugiés et tout ce que cela a engendré comme problèmes et conflits au niveau local et entre les pays arabes. Le réalisateur explique le choix de présenter ce spectacle en Algérie en cette double occasion, le festival international du théâtre et la commémoration du 62e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale (1954) : «Nous avons choisi ce thème pour le présenter en Algérie car ce pays connait bien les souffrances de la colonisation et le prix de la liberté», «c’est un peuple qui peut comprendre et partager cette souffrance», ajoute-t-il.
Mechmeche Salima

