L’ouverture des pistes agricoles dans le milieu rural s’avère être cruciale pour, notamment, les propriétaires de parcelles de terres. Ce problème se pose avec plus d’acuité dans les zones montagneuses, où les terrains agricoles sont inégaux, ce qui nécessite, donc, l’aménagement de pistes afin de faciliter l’accès à ces endroits escarpés. C’est le cas des communes d’Ath Mellikèche, Ighil Ali, Ouzellaguen, Bouhamza, Chellata et bien d’autres localités de la haute vallée de la Soummam, où l’accès aux glèbes devient un véritable parcours du combattant, surtout en période de cueillette des olives. Même si un taux appréciable de pistes a été réalisé dans la région, il n’en demeure pas moins que cela est loin de satisfaire les agriculteurs et autres investisseurs habitant dans les localités perchées. Néanmoins, il y a lieu de soulever ce qui conviendrait d’appeler « les dommages collatéraux » de l’ouverture des pistes agricoles. En effet, ces accès non bitumés posent un sérieux problème du moment qu’ils induisent des conséquences désastreuses sur le couvert végétal forestier en particulier. A mesure que les pistes agricoles « s’étirent » en longueur, les forêts alentours se trouvent, de ce fait, sérieusement menacées par la pollution et la déforestation. Les engins, les unités de production et les déchets, résultant des différentes activités économiques, mettent à mal les forêts environnantes. Les détritus, comme les emballages des boissons alcoolisées, la fiente des animaux, générée par les poulaillers implantés à proximité des forêts, s’approchent dangereusement du cœur des différentes futaies existantes dans la haute vallée. Les pistes agricoles induisent aussi l’extension sauvage et effrénée du tissu urbain aux dépens du couvert végétal sauvage. Les habitations, érigées à la lisière des zones boisées, polluent ces forêts avec le déversement des eaux usées dans les ravins, le jet des déchets ménagers et la coupe du bois. Cette dernière pratique criminelle a atteint des proportions inquiétantes ces derniers temps. En conséquence, les coins les plus reculés, restés jusque-là vierges, sont « visités » par les « pollueurs » et les coupeurs de bois, à l’exemple des forêts de « Aïn Zebda », sur les hauteurs de la région d’Ath Mellikèche, « Adrar oumaza », à Bouhamza, et « Bouni » et « Azrou n gaga », dans la commune d’Ighil Ali. En effet, ces massifs forestiers sont plus que jamais menacés par les accès «aménagés à la va-vite» sans que les éventuelles conséquences fâcheuses sur un couvert végétal, composé de pineraies verdoyantes et de maquis ainsi que la faune comme les chacals, les perdrix, les rapaces, les furets, les genettes…, ne soient mesurées. Subséquemment à cette situation, les pistes agricoles s’avèrent être un véritable imbroglio, car, d’une part, elles « s’engouffrent » dans les profondeurs des forêts avec toutes ses conséquences que l’on connaît, et d’autre part elles se révèlent être cruciales pour le développement local.
Syphax Y.
