Devant l’indisponibilité du manuel scolaire de tamazight de 1ère année collège, dit de 2e génération, les apprenants de cette langue continuent d’utiliser l’ancien manuel de 2003 comme support pédagogique, même s’il ne répond plus aux critères et aux exigences du programme actuel.
Des contraintes qui ont poussé quelques enseignants à faire appel à leur sens d’innovation en prenant des initiatives dans la préparation des supports pédagogiques. «Des supports reflétant les grandes lignes du programme. L’enseignant doit avoir une certaine autonomie dans la lecture de ce livre», nous dira un enseignant de cette langue. Même si des initiatives sont entreprises par certains inspecteurs afin de palier à l’indisponibilité de ce support indispensable, surtout pour les élèves, la majorité des enseignants et élèves sont intrigués par l’indisponibilité de ce livre dans les établissements scolaires et se posent la question sur les tenants et aboutissants de ce «blocage». Une question légitime dans le sens où des manuels des autres matières ont été distribués dès le début de l’année scolaire. Et pourtant, le manuel de tamazight, préparé par un inspecteur de cette discipline en collaboration avec deux universitaires, était prêt pour son édition avant qu’une commission de lecture ne le rejette pour «non-conformité avec le contenu du programme», argumentera une source proche de ce dossier. Pour les concepteurs du manuel, ils réfutent ces arguments et affirment que les causes du rejet se trouveraient ailleurs. «Nous avons travaillé sur la base des documents de référence pédagogique, et ce, en respectant tous les critères didactiques. Honnêtement, je ne comprends pas le rejet de ce manuel. Chaque partie essaie de faire porter à l’autre la responsabilité de ce blocage et pendant ce temps, les enseignants et les élèves en sont pénalisés», se désolera un enseignant membre de la coordination nationale des enseignants et des étudiants de tamazight. Pour rappel, une coordination nationale des enseignants et des étudiants de tamazight a été créée récemment. D’aucuns pensent que cette organisation intégrera ce dossier dans sa plateforme de revendications. Dans une déclaration de cette coordination, lors d’une réunion tenue le 12 novembre dernier à Tizi-Ouzou, les rédacteurs soulèvent le problème du statut facultatif de la langue amazighe, de la révision de la loi d’orientation, ainsi que de la prise en charge effective de cette langue nationale et officielle.
Hocine Moula
