EPH d’Aïn El Hammam – Les comités de village dénoncent «la décadence !»

Comme annoncé dans une de nos dernières éditions, la population d’Ain El Hammam, par l’intermédiaire des comités de village, a dénoncé les multiples défaillances relevées au niveau de l’EPH de la région contre lequel ils ont dressé un véritable réquisitoire. Il a fallu qu’il y ait mort d’homme pour que les habitants se révoltent, accusant les responsables de la santé à tous les niveaux d’avoir négligé une structure, jadis considérée comme le fleuron de la santé à l’échelle de tout le pays. «La décadence a commencé depuis des années et ne semble pas pouvoir s’arrêter de si tôt si on n’y mets pas un frein», indique un citoyen lors de la réunion qui a regroupé, vendredi dernier, les comités de villages de la commune au niveau de la bibliothèque communale. Une cinquantaine de personnes avaient pris part à cette rencontre où ils ont dressé un constat peu reluisant de la situation de la santé au sein de leur commune. «On ne peut se taire lorsqu’il s’agit de notre santé et de celle de nos proches. Tout le monde est concerné. Nous avons trop attendu», estime le représentant de Taourirt, suite à la liste des insuffisances, non exhaustive, dressée par les intervenants. Nous retrouverons pêle-mêle, les ambulances non équipées devenues «de simples fourgons de transport de marchandises», «le scanner installé depuis plus d’une année et fermé à double tour. Il est en train de rouiller», disent certains alors que la rumeur dit «qu’on veut le transférer ailleurs, comme c’est le cas de la voiture de service utilisée par la directeur. » Des mésaventures arrivées aux présents ou à leurs connaissances sont racontées à l’envie : «La pagaille au service des urgences que les médecins de garde désertent pour aller dormir ou prendre leurs repas pendant que les malades gémissent dans la salle d’attente», «le centre de tri où les enfants, le femmes enceintes… côtoient des malades contagieux». L’absence de spécialistes, particulièrement de gynécologues, depuis plus de vingt ans, est inadmissible dans une région isolée comme Ain El Hammam. Combien de femmes évacuées vers Tizi Ouzou ont accouché dans des voitures de particuliers? Aucun des membres des comités de villages n’a trouvé de circonstances atténuantes ayant conduit à cette situation. «C’est de la négligence et de la non assistance à population en danger de la part de tout le système de santé qui a toléré tant d’anomalies. Nous ne nous laisserons plus faire. Que chacun prenne ses responsabilités !» terminent-ils à l’unisson. Avant de clôturer la séance, il a été décidé qu’une délégation regroupant un membre de chaque village se rendra dimanche prochain à l’hôpital pour y rencontrer son directeur alors qu’une lettre détaillant toutes les carences relevées par la population sera adressée au ministre de la santé.

A. O. T.