La localité de Guergour, le village du commandant de l’ALN Si Lakhdar, est située à trois kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la commune de Lakhdaria. Le village compte parmi les agglomérations les plus peuplées de la municipalité de l’ex Palestro. En quittant la ville de Lakhdaria, il faut prendre la route qui mène à Bouderbala pour atteindre la localité de Guergour. Cette dernière se trouve à un quart d’heure de route de la ville de Lakhdaria. La route qui y mène est bitumée sur une distance qui avoisine les mille mètres et le reste de la voie est une piste. Toutes les ruelles secondaires sont des pistes agricoles inaccessibles en hiver. Juste en abordant la voie d’accès menant au village, l’on remarque un pont sérieusement endommagé. Les eaux de pluie de l’oued ont causé des éboulements et des affaissements de terrain qui ont fragilisé le dit ouvrage. Si l’hiver prochain est rude, le pont risquera l’effondrement. La localité est connue pour son verger oléicole. La plupart des habitants travaillent la terre particulièrement les parcelles qui longent l’oued. Les autres villageois s’occupent des oliveraies qui s’étendent sur des centaines d’hectares. Sur le plan du développement, ces dernières années, la localité a bénéficié d’un projet de raccordement au réseau de l’assainissement. Les travaux sont achevés et le réseau est fonctionnel. Concernant le gaz de ville, le projet a été lancé il y a quelques mois. Mais seuls l’école primaire et les foyers la jouxtant ont bénéficié de cette commodité. Le projet est actuellement à l’arrêt. Les habitants ont déjà installé les niches de compteurs en attendant la relance des travaux. Guergour est raccordé au réseau de l’électricité mais l’éclairage public est défectueux. Certaines lampes sont grillées depuis plusieurs mois et n’ont pas été remplacées à ce jour. Les ruelles sont très mal éclairées. Vu que le village est situé en plein milieu d’une oliveraie et à la limite de la forêt, les citoyens du village sont exposés aux dangers durant la nuit. À ce propos un jeune de la localité nous dira : «Ici, nous courons toujours le risque d’être attaqués par des chiens ou des animaux de la forêt. Nous nous déplaçons au moyen de lampes torches. Beaucoup de fidèles qui se rendent à la mosquée se déplacent en groupe de peur d’être mordus par des animaux sauvages. » Un autre villageois abordé a tenu pour sa part à relever les carences dont souffre le village en disant : «Nous n’avons rien ici. Nous sommes livrés à nous-mêmes. Les jeunes n’ont qu’une aire de jeu de fortune pour se distraire en y organisant des rencontres de football. La surface de jeu présente des risques. Beaucoup de jeunes se sont fracturés soit le bras soit le pied ou la jambe. » Les élèves des cycles moyen et secondaire poursuivent leurs études à Lakhdaria ville. Néanmoins, les quelques élèves que nous avons rencontrés au retour de l’école en fin de matinée ont tous déclaré que les responsables municipaux n’ont jamais pensé à mettre à leur disposition le ramassage scolaire. Les collégiens et lycéens du village se rendent à leur établissement respectif par leur propre moyen. Il faut signaler que la localité dispose d’un centre de santé qui accueille les malades mais uniquement pour de simples soins. Le médecin qui y exerce vient rarement. Ce qui oblige les villageois à solliciter les structures de santé de la ville de Lakhdaria. À Guergour, il existe un bureau de poste, ce qui soulage un peu les citoyens qui ne sont pas obligés de se déplacer jusqu’à Lakhdaria ville pour le moindre retrait d’argent ou d’envoi d’un courrier. Les citoyens que nous avons rencontrés au niveau du village souhaitent la relance des projets en souffrance et l’inscription de nouveaux projets de développement. Ils attirent l’attention des responsables locaux sur le projet du gaz de ville actuellement à l’arrêt, et les interpellent au sujet de l’aménagement de la localité et le revêtement du tronçon de la route menant au village.
A. Bouzaidi
