Bien que les hauts responsables assurent que l’Algérie n’a enregistré aucun cas de grippe aviaire, la psychose s’installe de plus en plus au sein de la société. Cette peur a atteint des proportions alarmantes à partir du moment où les autorités compétentes ont interdit aux vendeurs de volailles de s’installer au marché de Draâ El Mizan. La population s’inquiète de plus en plus. La dernière nouvelle faisant état de la découverte de cinq poules pondeuses mortes dans un élevage familial à Boumahni a quelque peu semé la suscpicion dans les esprits. A ce propos, selon les informations que nous avons pu avoir, cette mort est survenue à cause du froid. Cette thèse ne convainc personne lorsque l’on se souvient du froid de l’hiver dernier, quand il avait neigé durant plusieurs jours. L’arrivée de cette épizootie a maintes fois hanté l’esprit de bon nombre de personnes. « Depuis le début de la mise en place de la commission chargée de la surveillance de l’évolution de cette maladie, nous avons recueillis au moins six oiseaux morts : deux pigeons, un canard et trois moineaux. Mais, pour les résultats, ils ne sont pas rendus publics : ni positifs ni négatifs. C’est pourquoi la population est un peu inquiète », nous a confié une source proche de la commission sous couvert de l’anonymat. Quant à la suspension de la vente du poulet au marché, nous avons appris que cette décision était prise suite à un télex émanant de la wilaya de Tizi Ouzou. Mercredi dernier, une délégation du ministère de l’Agriculture a tenu, en collaboration avec la commission locale chargée de ce problème, une réunion avec l’ensemble des comités de village et associations de la daïra, une réunion dans laquelle toutes les décisions prises ont été passées en revue pour faire objet d’application. D’ailleurs, au lendemain de cette rencontre, des avis aux populations ont été placardés à toutes les places publiques. Il est demandé à tous les éleveurs de volailles de confiner ces dernières dans des lieux clôturés afin de leur éviter tout contact avec des oiseaux sauvages, susceptibles d’avoir été contaminés. D’autre part, cette mesure a été prise pour permettre aux services d’hygiène communaux de se déplacer dans ces lieux sûrs et inventoriés afin de les inspecter et de les contrôler. Ces restrictions annoncées ne sont pas interprétées par les uns et les autres comme des actions à titre préventif. « Si cette maladie est arrivée, qu’on nous le dise. Personne n’a le droit de temporiser. Tout passe par la gestion du problème de façon transparente. Il n’y a ni tabou ni encore moins de sentiment pour gérer une situation pareille », pense un cafetier de la ville. « Comment se fait-il qu’à côté, à Tizi Gheniff, le poulet est toujours en vente au marché ? Et pourtant, ce n’est pas loin ? », s’interroge un client attablé avec d’autres personnes qui sont du même avis. Depuis lundi dernier, la vente de poulet a même diminué dans les points de vente agréés sur certification de vétérinaires. En tout cas, par manque d’informations, les supputations vont bon train, surtout dans un pays où la rumeur est bien plus prisée que l’officiel. Au niveau de toutes les communes de la daïra, des commissions surveillent de près l’évolution de la situation. Sachant que des élevages domestiques sont considérables, notamment dans les hameaux jouxtant les massifs forestiers tel celui de Boumahni, ces zones devraient être les plus surveillées, sans oublier peut-être les cours d’eau ainsi que les retenues collinaires et les deux grands barrages, celui de Draâ El Mizan et celui d’Aïn Zaouia d’autant plus que nous sommes à quelques semaines du printemps qui annoncera le retour des hirondelles et autres oiseaux migrateurs. Cela étant, la vigilance est de mise. « Il n’y a pas de fumée sans feu », comme dirait l’autre.
Amar Ouramdane
