Ça se bouscule à la poste

Partager

Le retard enregistré dans le virement des pensions de retraites, ajouté aux paiements des salaires et primes des fonctionnaires de certains autres secteurs a créé un embouteillage sans précédent au niveau des guichets de la poste.

Depuis vendredi dernier, les guichetiers du bureau de poste d’Ain El Hammam ville et de la poste d’Ait Sidi Saïd n’ont pas connu de répit. Des centaines de millions ont été retirés par les citoyens, en l’espace de quelques jours, si bien que dimanche dernier, les caisses étaient vides à partir de neuf heures. Les retardataires ne pouvaient plus que demander un relevé d’avoir et s’en aller, la mine déconfite. Les arguments des employés qui essayaient de les réconforter en leur disant que les fonds allaient «rentrer incessamment», ne semblaient pas convaincre les vieux retraités qui se laissaient aller à toutes les supputations, notamment la rumeur faisant état «du manque d’argent au niveau du trésor». Sachant que certaines administrations, telles la Sonelgaz ou l’ADE, pouvaient venir déposer leur recette, certains clients ne se sont pas découragés, laissant leurs chèques au niveau du comptoir. Quant à un éventuel retour à la situation normale, personne ne pouvait les renseigner. «Ce soir, peut être ou demain, on ne sait pas», répond une jeune fille à un usager. Dehors, les habitués des distributeurs automatiques se sont, eux également, heurtés à la même situation. L’appareil vidé de son contenu par les premiers arrivés, n’est pas réapprovisionné. Il faut noter que des habitants d’Iferhounene, d’Ath Bouyoucef ou d’Akbil préfèrent la poste de Michelet où ils viennent chaque jour, pour leurs emplettes ou leur travail. Ce qui accentue la pression sur le service du chef lieu. Une centaine de mètres plus loin, la Banque Algérienne de Développement Rural (BADR) connaît également, une grande affluence. C’est le jour du virement des retraites de France avec un retard de deux jours. Les bénéficiaires, venus retirer leur bien, attendaient «depuis le lever du jour», nous dit l’un d’eux. Ils ne sont pas seuls. Les cambistes qui les guettent, comme chaque mois, pour leur acheter leurs devises sont venus grossir leurs rangs. Entré dans la banque parmi les premiers, un septuagénaire en ressort rapidement. Il s’adresse à une vieille femme qui l’interrogeait : «C’est la complémentaire seulement». Renseignement pris, on apprend que la date du virement trimestrielle de la retraite complémentaire, coïncide cette fois avec le paiement de la pension mensuelle. Les services français auraient donc retardé l’une, de quelques jours. Ce n’est qu’une question de jours nous dit-on, et «tout rentrera dans l’ordre, dès la semaine prochaine».

A.O.T.

Partager