«On améliore la couverture sécuritaire progressivement»

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Le colonel Idir Mahmoudia, du commandement de la gendarmerie de Tizi-Ouzou, revient dans cet entretien sur la sécurité dans la wilaya dans ses différents aspects, ainsi que sur les projets futurs pour améliorer la couverture au niveau régional.

La Dépêche de Kabylie : La gendarmerie de Tizi-Ouzou se renforce avec de nouvelles structures, pourriez-vous faire le point sur le sujet ?

Il faut savoir que présentement la couverture sécuritaire de la gendarmerie à travers la wilaya est de 41%. C’est là un taux à améliorer et on est en train de le faire progressivement. D’ailleurs, on compte ouvrir plusieurs autres structures pour se rapprocher du citoyen. Le plus important c’est qu’en cas de besoin, la population ira vers ces structures qui restent à son service. On a plusieurs projets pour renforcer les acquis et ils sont sur la bonne voie, les travaux avancent très bien. Les brigades d’Azeffoun, Tizi Rached et Ifigha sont déjà opérationnelles. On a également réalisé une unité de sécurité et d’intervention qui va apporter un plus à la région d’Aïn El Hammam. S’agissant des unités spécialisées, cette année, on a un important escadron de sécurité routière qui va être inauguré. C’est une grande unité qui dispose de tous les moyens. On va essayer de chapeauter et régler tous les problèmes de sécurité routière dans la wilaya de Tizi-Ouzou. En attendant l’aboutissement de tous les projets, qui sont déjà à 30 et 40 % d’avancement, on ambitionne d’assurer la couverture maximale dans la wilaya d’ici quelques années. Actuellement, on a 29 brigades qui sont opérationnelles et cinq autres sont prêtes à Timizart, cette unité chapeautera l’axe Timizart, Aghrib et Boudjima ; La brigade d’Aïn Zaouïa, à Draa El Mizan ; celle de Mekla, pour assurer la couverture des communes de Mekla, Souama et celle d’Aït Khelili. Celle de Tala Athmane sera ouverte dans deux à trois jours. Et on atteindra ainsi les 34 unités qui assureront la sécurité publique. En parlant de sécurité routière, pourriez-vous indiquer les moyens dont vous disposez pour sécuriser les routes ? La sécurité sur les routes est une priorité, la wilaya dispose d’un réseau routier important. C’est le plus grand à l’échelle nationale, avec près de 5 000 km de réseau. Notre stratégie pour la sécurité routière repose notamment sur la création justement de l’USR. Cette grande unité à les moyens de chapeauter toute la wilaya, pas que les routes. Aujourd’hui, la wilaya est en phase de développement. L’élargissement de la RN12 facilite désormais la circulation et il y a un grand flux. La rocade Nord ne va pas tarder à être inaugurée. La pénétrante aussi, le jour de son ouverture, on doit avoir les moyens de la sécuriser, on doit être prêts. Sans parler des routes qui sont accidentées, à cause des conditions climatiques difficiles dans certaines régions. C’est un peu pour cela qu’on enregistre des accidents d’ailleurs. Donc, en collaboration avec les autorités administratives et les pouvoirs publics, nous essayons de régler ces problèmes. On utilise les radars, tout le monde le sait, c’est un moyen très efficace. Pour l’année dernière et cette année, on est parvenus avec nos moyens de dissuasion à diminuer les accidents de la route de 40% sur la RN12. Cela grâce à ce système de prévention. Si on retire les permis c’est pour que les gens comprennent qu’ils doivent respecter le code de la route et toutes les lois qui régissent la sécurité routière. C’est une question de vie ou de mort. On privilégie la prévention, mais s’il le faut, on utilise la répression, parce qu’on doit lutter contre ces chauffards, pour que les autres circulent à l’aise, de jour comme de nuit, dans la quiétude. Un autre moyen qu’on utilise, les caméras de télésurveillance, c’est pour surveiller le trafic routier. Actuellement, on a quatre caméras déjà installées et opérationnelles sur les routes à grand trafic. Dans les jours qui viennent, on en installera encore deux. Dans les prochains mois, on essayera d’en placer d’autres.

Avec l’expansion des moyens de communication et le boom du Net, la gendarmerie utilise-t-elle cette technologie ?

Oui, on utilise des moyens modernes au profit du citoyen, pour notamment le rapprocher de la gendarmerie. On a un numéro vert 1055, gratuit de tous les opérateurs. Le citoyen, dès qu’il a un souci, nous appelle, pour dénoncer ou demander assistance. On est à l’écoute et on fait le nécessaire. On a aussi établi ce qu’on appelle l’après-plainte. Cette procédure électronique est prise en compte. On avertit par notre réseau qu’elle doit être confirmée dans le mois. Elle sera supprimée automatiquement si la personne ne la confirme pas. C’est en toute confidentialité et dans l’anonymat. Sur le site de la gendarmerie, PPGN, on a deux volets : plaintes et renseignements. Il y a un formulaire, en deux langues, facile à remplir. Un autre site aussi très efficace est disponible : Tariqi. Un site mis à jour par la gendarmerie quasiment toutes les 15 minutes, qui donne l’état du trafic sur les routes. Le citoyen aura tous les détails sur la situation routière au niveau de la wilaya. On a d’ailleurs pu maitriser les effets des intempéries au niveau de la wilaya cette année, grâce à ce site.

A l’approche du Ramadhan, avez-vous préparé un dispositif spécifique ?

Pour chaque occasion, on prépare un dispositif spécial. En ce moment, c’est la fin de l’année, donc les examens. Notre plan est prêt pour assurer la sécurité de tout le monde que ce soit le primaire, à partir de demain (Ndlr Aujourd’hui), le BEM et aussi le Bac. On a sécurisé tous les centres. Pour le Ramadhan, on va adapter le dispositif à l’activité de la population qui est plus concentrée la nuit. On a aussi le plan Delphine, qui est la sécurisation du littoral. Ce plan, on ne l’applique pas seulement sur les plages, mais partout. La population de Tizi-Ouzou double ou triple en été, on va donc assurer la sécurité de nos estivants. Les routes qui mènent vers la mer seront sécurisées de jour comme de nuit.

Qu’en est-il du plan alerte anti-kidnappings ?

Je rassure la population de la wilaya de Tizi-Ouzou, il ne faut pas dramatiser les choses sur cette question. Le plan anti-kidnappings est un dispositif pris en charge par l’Etat. Plusieurs intervenants agissent dans le cadre de ce dispositif. Pour ce qui de notre rôle, il intervient dans la prévention jusqu’à l’investigation criminelle. Je crois personnellement qu’à chaque fois qu’il y a l’intervention de la population on avance très bien, et on obtient un résultat. Dans le cas du kidnapping de Salim d’Ath Zmenzer, on était présents dès la première minute sur place. Les citoyens ont suivi et je les remercie pour leur coopération. Au bout de trois jours, on a arrêté les criminelles et l’enfant est retourné auprès de ses parents. On avancera avec l’aide de la population et j’espère qu’on n’entendra plus parler de kidnappings.

La gendarmerie a-t-elle les moyens de lutter contre la cybercriminalité ?

La criminalité effectivement n’est pas restée dans le cadre traditionnelle, avec le développement technologique, la cybercriminalité a émergé. Dans ce cadre, la gendarmerie a enregistré des avancées considérables. Au niveau du groupement, on a des cellules et des enquêteurs spécialisés dans ce domaine. Il y a même des citoyens qui ont déposé des plaintes dans ce genre d’affaire et on les a traitées. Au niveau du commandement, on a un centre spécialisé dans la cybercriminalité, ce sont des chercheurs, des gens très qualifiés, ils interviennent à chaque fois qu’il y a dépôt de plainte ou menaces.

Vous avez lancé il y a quelques temps l’opération de restitution des armes, où en êtes-vous ?

A Tizi-Ouzou, on n’a aucun problème sur ce plan. L’opération marche très bien et 75% des citoyens ont récupéré leurs fusils de chasse. Quant aux 25% restants, on a leurs dossiers, il ne reste plus qu’à les trouver ou qu’ils se présentent. D’ailleurs, je profite de cette occasion pour lancer un appel aux citoyens qui ont déposé leurs armes entre 1994 et 1995. Même ceux qui auraient égaré leurs récépissés, on fera le nécessaire pour leur restituer leurs armes. On a facilité les choses pour que l’opération se déroule dans les meilleures conditions qui soient.

Propos recueillis par Kamela Haddoum.

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