Les pouvoirs publics de la wilaya de Béjaïa peinent à implanter les quelques centres d'enfouissement technique, inscrits à l’indicatif de quelques localités depuis des lustres, laissant le champ libre à la prolifération des décharges sauvages. Le directeur de wilaya du secteur, Delmi Halim Hibet, en parle.
La Dépêche de Kabylie : Le centre d’enfouissement technique de Sidi Boudrahem, mis en service en août 2015, est fermé depuis quelques mois, suite à plusieurs actions de protestation de la population…
Delmi Halim Hibet: Effectivement, le CET a été ouvert à cette période par décision de l’ancien wali, pour répondre à la problématique des déchets au niveau de la wilaya, mais il est vite apparu que ce CET n’était pas techniquement prêt à être opérationnel, et donc à recevoir une charge brusque d’un coup ; c’est-à-dire que sa mise en service devrait se faire d’une façon progressive et avec une mise à niveau aussi, répondant à la charge qu’il devait recevoir. Donc, la mise en service rapide de ce CET a mené à faire ressortir un dysfonctionnement répercuté par la protestation de la population, et celle-ci a été prise en considération par les autorités locales en le fermant. Toutefois, la démarche de sa mise à niveau continue, notamment par l’acquisition d’une station du lixiviat. Si nous voulons une ville propre, il faut qu’il y ait une démarche commune entre l’administration et les citoyens, à travers le mouvement associatif qui a une fonction importante de sensibilisation.
Il y a quelques mois de cela, le club 92 a présenté un mémorandum de dépollution de Béjaïa. Où en est-on ?
Le projet à été pris très au sérieux et transmis à un très haut niveau. On a mis en place une commission ministérielle pour accompagner ce projet, pour son lancement en projet pilote à Béjaïa. Nous sommes très optimistes quant à la concrétisation de ce projet.
Qu’est-ce qui bloque les centres d’enfouissement technique (CET) et les décharges contrôlées, prévus dans plusieurs localités depuis belle lurette?
Les études pour certains sites ont été réalisées, et les sites ont été retenus. Mais il nous arrive souvent d’être confronté à l’opposition citoyenne. La maturité citoyenne n’est pas arrivée à un stade de confiance pour la réalisation d’un CET. C’est-à-dire que chaque édile communal considère que le déchet de l’autre ne doit pas être jeté chez lui. Ça, c’est le premier souci, le deuxième souci est celui de la mise en confiance des citoyens, parce que réaliser un projet intégré passe par l’acquisition de la confiance du citoyen. Le troisième souci qui est le plus important, c’est la disponibilité des assiettes, car il faut souligner que la configuration de terrain de la wilaya de Béjaïa est hautement accidentée. Nous avons du mal à trouver des terrains qui répondent aux critères pour recevoir les CET. Donc, avec ces trois grands problèmes, nous nous retrouvons, au jour d’aujourd’hui, avec un seul CET qui a été réalisé, et beaucoup d’autres qui sont, soit bloqués soit en attente.
Il y a même deux unités de recyclage que devait réaliser un privé à Tazmalt et à Aokas?
Il y a un projet qui a été lancé par un privé dont nous avons reçu l’étude d’impact, et que nous accompagnons en tant que direction dans la réalisation de ce projet ; néanmoins dans la procédure administrative il y a des oppositions citoyennes, et quelques oppositions techniques de certains services. Pour l’instant, le projet est toujours en cours d’avancement. Il n’y a pas de rejet définitif.
Pour conclure, vous diriez quoi ?
Je fais un appel aux médias pour nous aider à valoriser tout ce qui est environnemental, en participant à la sensibilisation des citoyens. De notre côté, nous sommes prêts à travailler avec les gens qui veulent servir cette wilaya. Ensemble, nous pouvons utiliser la mémoire des anciens, le travail des présents, et l’espoir que nous avons dans le futur pour nos enfants. Je tends la main à tous ceux qui veulent préserver l’environnement de cette wilaya et qui veulent travailler dans son l’intérêt.
Entretien réalisé par Idir Kahina

