La prochaine rentrée universitaire sera marquée par l'émission d'une circulaire du ministère de l'Enseignement supérieur, suivie d'un décret, visant à améliorer la rédaction des thèses et à régir le déroulement des soutenances.
C’est ce qu’a indiqué, hier, Pr. Houari, cadre au ministère de l’Enseignement supérieur, au premier jour des «Doctoriales 2017». Une rencontre scientifique qu’abrite l’auditorium du campus Aboudaou de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, du 1er au 6 août. «Nous avons constaté que des doctorants de certaines universités arrivent à soutenir leur thèse rapidement, alors que dans d’autres ils peinent à terminer. La raison en est que la méthode de travail, les moyens et les outils mis en place pour effectuer les recherches scientifiques diffèrent d’une université à l’autre. Nous sommes également confrontés au phénomène du plagiat, qu’il faut absolument bannir de nos universités. Pour remédier à ces problèmes liés à la rédaction des recherches scientifiques, le ministère de l’Enseignement supérieur s’apprête à émettre une circulaire, qui sera suivie d’un décret, à la prochaine rentrée universitaire», a annoncé Pr. Houari, en réponse à une question d’un doctorant en informatique à l’université de Béjaïa, qui avait soulevé des problèmes liés à la méthodologie de recherche qui ne fait, apparemment, pas l’unanimité auprès des chercheurs et des encadreurs. Ce décret, qui contiendra une centaine d’articles, déterminera, selon ce même responsable, les exigences et les critères auxquels le chercheur doit se conformer pour rédiger et soutenir sa thèse ou son mémoire scientifique. Abondant dans le même sens, le recteur de l’université de Béjaïa, en l’occurrence Boualem Saidani, a affirmé que l’un des principaux objectifs de ces «Doctoriales», destinées essentiellement aux doctorants, est justement «d’inculquer à nos doctorants les bonnes pratiques et leur apprendre les meilleures méthodes à suivre pour effectuer des recherches scientifiques et les publier». Le but visé à travers l’organisation de cette manifestation nationale par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, en collaboration avec The Science Edit For the Developing World, est de chercher, a-t-il insisté, «aussi bien l’efficacité dans la formation doctorale que la qualité». Pour le vice-recteur de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, M. Yidir, le meilleur remède au phénomène du plagiat et à la médiocrité de la recherche scientifique dans les universités algériennes est d’intégrer dans le cursus universitaire un module sur l’épistémologie de la science. «D’après un constat de terrain que j’ai fait, il y a un cafouillage dans la recherche scientifique dans nos universités. A cela s’ajoute le plagiat, qui est une perversion dans la pratique de la recherche scientifique. Je pense qu’il est nécessaire d’injecter dans le curriculum un module sur l’épistémologie ou la philosophie de la science pour favoriser un esprit scientifique chez nos chercheurs», a-t-il soutenu, en présence de dizaines de doctorants présents à l’auditorium du campus d’Aboudaou. Pour Aït Braham Sabrina, doctorante en biochimie à l’université de Béjaïa, cette rencontre revêt une importance capitale, puisqu’elle permet de jeter des bases solides au domaine de la recherche scientifique dans le milieu universitaire. «Je suis doctorante en première année et la tenue de cette rencontre tombe à pic pour moi. Cela m’a mis dans le bain, en me permettant de rencontrer des personnes pouvant m’orienter dans mes recherches scientifiques. La participation à ces «Doctoriales» me permettra également d’acquérir des connaissances pouvant m’aider dans la rédaction de ma thèse de doctorat», nous a-t-elle confié. A noter qu’en plus de dizaines de communications, qui seront présentées par une pléiade d’éminents professeurs nationaux et étrangers, des ateliers seront aussi organisés en faveur des étudiants, pour leur permettre de mettre en pratique les connaissances acquises. L’une des conférences, animée, hier matin, a porté sur «L’économie du savoir». Pr. Djeflat, de l’université de Lille, y a abordé le lien entre la croissance économique et la connaissance. Pour lui, l’Algérie doit investir dans le Savoir si elle veut rejoindre le pôle des pays développés. «L’économie de la connaissance est une vision qui permet de gagner énormément de temps. L’investissement dans le Savoir doit dépasser l’investissement dans les équipements. Le capital humain et intellectuel est devenu central. Notre défaillance majeure est le manque d’une productivité compétitive. Voila pourquoi, il faut avoir une vision pour l’économie de la connaissance», a soutenu Pr. Djeflat.
Boualem Slimani.

