Les cabines téléphoniques, qui ont disparu il y a une dizaine d’années ou plus, du paysage algérien, ont fait leur réapparition ces derniers mois. Elles sont plus élégantes que leurs prédécesseurs et surtout plus solides et, il faut s’en féliciter, elles n’ont pas fait, jusqu’à présent l’objet d’actes de vandalisme. Autre caractéristique : l’appel est à bon marché… Et surtout, le publiphone présente cet avantage d’être disponible tout le temps, ving- quatre heures sur vingt-quatre, alors les kiosques multiservices ferment la nuit. Mais tous ces avantages n’ont pas produit le rush attendu : les publiphones n’attirent pas la foule, on n’y fait pas de longues queues, pas comme au temps des cabines téléphoniques ! Les Algériens ont-ils perdu l’habitude du téléphone public ? Non, puisque malgré l’extension du téléphone fixe, malgré le nombre de plus en plus élevé de gens équipés de téléphones portables, les taxiphones font toujours recette. La réticence à l’égard du publiphone est plutôt à chercher dans le mode de paiement utilisé : alors qu’au taxiphone, on règle la communication en liquide, au publiphone il faut être muni d’une carte prépayée. Et qui dit carte, dit dépense… Même si la carte est à un pris avantageux, même si elle a une durée de validité plus longue que celle de la carte du mobile, les gens hésitent à faire cette dépense, ou plutôt à ajouter cette dépense à toutes celles qu’ils font. Des publiphones à pièces de monnaies, comme autrefois, auraient certainement eu plus de succès, mais ce genre de cabines fait partie du passé…
S. Aït Larba
