Aïn El Hammam EPH et EPSP – Les appareils d’analyses médicales en panne

Les usagers des structures de santé publique (EPH et EPSP) de la région d’Aïn El Hammam, se plaignent de ne pouvoir effectuer leurs analyses médicales au sein des structures étatiques de l’ex-Michelet.

Le hasard a voulu que les automates des deux laboratoires tombent en panne simultanément. À l’EPH d’Aïn El Hammam, les malades n’ont droit qu’à de simples analyses effectuées manuellement par les laborantins, comme au bon vieux temps. Cette défaillance fait bien sûr les affaires des spécialistes privés, dont les honoraires sont loin d’être à la portée d’un vieux retraité ou d’un travailleur payé au SMIG. Dans la salle d’attente d’un laboratoire privé, les commentaires vont bon train. Une dame âgée confie à une autre que son fils, un journalier qui assume sa charge, n’a pas travaillé depuis plus d’un mois. Elle s’est peut-être endettée pour venir. Difficile de parler des soins gratuits à tous ces gens qui sont dans le hall d’attente depuis les premières lueurs de l’aube. Djaffar, un enseignant, hoche la tête en signe d’approbation. Il s’impatiente vu qu’il doit travailler à treize heures, au risque d’avoir une ponction sur salaire, alors que l’assistante l’attend pour une avance sur le prix des analyses. Pour soigner ses deux parents, très âgés, et souvent malades, il arpente souvent les couloirs des établissements de santé à la recherche du meilleur service, mais à moindre coût. Il avoue ne pas comprendre que «les automates des privés» ne tombent jamais en panne. Ils ne sont jamais à cours de réactifs, alors que ceux de l’État sont, régulièrement, déclarés «hors service». Même lorsque le matériel est en bon état, on ne peut effectuer que les analyses les moins chères. Celles qui grèvent le budget des malades restent du domaine du privé, dont la facture dépasse parfois les six mille dinars. Malgré les prix pratiqués, les labos dits «sérieux» sont pris d’assaut chaque matin par une foule de malades de tous âges, semblant chercher l’efficacité. «La santé n’a pas de prix», se consolent-ils, en consultant le reçu que leur remet l’employée. Le volet rose remis aux assurés sociaux pour d’éventuels remboursements n’est pas réclamé par tous. «Je ne vais pas perdre mon temps pour qu’on me rembourse des miettes et perdre une demi-journée pour me déplacer à la CNAS. Sur 4 000 dinars, je ne percevrai pas plus de cent dinars», dit notre interlocuteur, qui enchaîne sur les spécialistes payés au prix fort, sans que les assurances ne remboursent le patient en conséquence. Mais là la question est tout autre.

A. O. T.