Dalila Najem, commissaire du FIBDA – «Nous comptons internationaliser le Salon de Tizi-Ouzou»

Une conférence débat sous le thème «La visibilité de la bande dessinée en Algérie» a été animée par Dalila Najem, commissaire du Festival international de la bande dessinée en Algérie (FIBDA), dans la matinée d’avant-hier vendredi, à la bibliothèque de lecture principale de Tizi-Ouzou. La conférence entrait dans le cadre du 1er Salon de la BD qui se déroule depuis le 18 et qui prend fin aujourd’hui, dédié en hommage au pionnier et doyen de la BD en Algérie, M. Saïd Zanoun, présent à la conférence. Dans son intervention, la directrice de la culture, Nabila Gouméziane, dira : «La direction de la culture a tenu à organiser ce 1er Salon de la BD sous l’égide du ministère de la Culture, du wali et de nos partenaires. Et la présence de Dalila Najem n’est pas fortuite, car elle soutient cette action, la 1ère du genre à Tizi-Ouzou qui contribue à promouvoir le 9ème art par le texte et l’image». Concernant l’hommage rendu à Saïd Zanoun, Mme Gouméziane dira : «Il était tout à fait logique que nous rendions hommage au pionnier et doyen de la BD, un grand homme de culture, mais aussi auteur et dramaturge radiophonique à la chaîne 2, entre autres». La directrice de la culture soulignera : «La clôture du Salon coïncidera avec la Journée nationale de la presse qui joue un grand rôle dans les différentes activités entreprises ici et là dans tous les domaines, notamment le secteur culturel». Elle ajoutera : «Etant donné l’engouement des enfants pour le dessin, nous avons pensé à la création d’ateliers de BD au niveau de la BPLP et nous souhaitons que le salon soit annuel et ouvert à d’autres pays. Ce Salon est une manière de décentraliser le FIBDA». A son tour, Mme Dalila Nadjem, expliquera :«Béjaïa et Mostaganem avaient organisé quelque chose dans ce sens, mais l’initiative s’est arrêté là». La conférencière rappellera :«Le patrimoine existe, les jeunes talents aussi et sont pleins d’ardeur, donnons-leur alors la possibilité de s’exprimer par la BD». La conférencière ajoutera :«Nous n’avons jamais cessé d’honorer l’ancienne génération, mais les jeunes amoureux de la BD attendent un geste encourageant des anciens et des responsables et nous sommes convaincus que Tizi-Ouzou deviendra un pôle important de promotion de la BD». Elle poursuivra : «C’est dans cette optique que nous soutenons cette idée d’ateliers de BD qui vont être créés». Quant au bilan de ces dernières années, la conférencière dira avec une note de satisfaction : «Nous ne pouvons qu’être heureux du parcours que nous avons fait. Le public est acquis, l’envergure nationale a été atteinte et la réputation internationale du Festival n’est plus à démontrer. 26 écoles publiques et privées s’y intéressent. Tous les ans, un concours est organisé et nos jeunes s’y impliquent. De nouveaux talents nous représentent chaque année au FIBDA et l’Algérie est omniprésente dans ce genre de Festivals à travers le monde. L’Algérie est même pionnière dans l’art de la BD dans les pays arabes et les pays africains». La conférencière préconisera : «La BD doit être introduite à l’école. C’est ce qui se fait en France, en Allemagne, au Canada… En Corée du Sud, l’enfant est initié à la BD dès la maternelle». La conférencière suggérera la création d’ateliers dans les wilayas désireuses de voir cet art se développer et d’une maison de la BD, tout en sollicitant l’aide du ministère de la Culture. Contacté, Saïd Zanoun nous dira ces quelques mots : «Le dessin, c’est un don de Dieu que j’ai pratiqué dès l’âge de 7 ans à Alger, Daâr Saâda. J’étais coursier. Je faisais des affiches, des enseignes… En 1951, je suis entré à l’école des beaux arts d’Alger. J’ai collaboré avec plusieurs titres : «La Dépêche quotidienne», «La Dépêche magazine», «Contact médical» en France, l’hebdomadaire satirique «Fantazia» … ». Saïd Zanoun est né le 28 Novembre 1934 à Alger de parents originaires des Ouadhias. Il a écrit plus de 333 histoires et contes dont «Burourou» !

M A Tadjer