Message du président de la République à l’occasion du 1er Novembre – «L’ère des périodes de transitions est révolue»

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a opposé un niet catégorique à ceux qui appellent à l’application de l’article 102 de la Constitution, en vue de le destituer. Il les invite, plutôt, à la préservation des acquis politiques induits par l’instauration de la pluralité.

Garant de la Loi fondamentale, le président de la République tranche sur cette question qui a tendance à s’amplifier depuis plusieurs mois, pour rappeler à ses auteurs qu’il est toujours le chef de l’État porté à ce poste par les urnes. «L’ère des périodes de transitions est révolue en Algérie», dira-t-il dans son message adressé au peuple algérien à l’occasion du 63e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954. Le message est on ne peut plus clair, Bouteflika est et restera président de la République en assumant son mandat présidentiel. Il balaie, ainsi, et d’une manière claire et ferme, les visées et intentions de le destituer. Bouteflika s’impose, via ce message, en président de la République, seul garant suprême de la Constitution. «Le pouvoir se conquiert désormais aux échéances prévues par la Constitution, auprès du peuple souverain qui l’attribue par la voie des urnes, à la lumière de programmes concrets qui lui seront proposés», précise-t-il à ceux qui veulent un changement à la tête du pays sans passer par les urnes. Ceux-là même préfèrent nourrir les anathèmes, tentant d’impliquer l’armée nationale dans une entreprise de coup d’Etat sous couvert de l’énoncé d’un article de la Constitution. «L’Armée Nationale Populaire, digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, que je salue en votre nom à tous, prend en charge efficacement sa mission constitutionnelle de protection de nos frontières face au terrorisme international et au crime transfrontalier. Cette institution républicaine doit donc être tenue à l’abri des surenchères et des ambitions politiciennes», a encore rappelé, pour la seconde fois, le président de la République, après la mise au point qu’il avait faite lors de son message du 5 juillet. «Si nos réalisations se sont inscrites dans le sillon ouvert par notre combat libérateur, il reste encore à nous mobiliser pour préserver et consolider ces acquis qui ne sont qu’une étape dans la construction nationale», ajoute encore Abdelaziz Bouteflika qui invite ses détracteurs à préserver les acquis de l’Algérie, notamment sur les plans politique, économique et social. Cette protection, selon le chef de l’État, «exige de nous, dans la pluralité des options politiques, d’être capables de faire partie d’un front patriotique commun, chaque fois qu’il s’agira de l’Algérie, notamment face aux multiples menaces extérieures. »

La leçon politique du président

La promotion des convergences d’idées au sein de ces mêmes partis politiques serait à même d’élever le niveau politique en lieu et place de louvoyer sur une question qui ne paraît aucunement évidente pour les Algériens. Le chef de l’Etat le dira avec tact, lui qui invite les partis politiques à s’atteler sur des questions qui intéresseraient le quotidien des citoyens et le devenir du pays : «La classe politique gagnerait aussi à promouvoir des convergences en son sein, autour des questions économiques et sociales, qui sont le champ le plus propice à un consensus national. Des pays développés ont emprunté cette voie, à travers laquelle l’Algérie aura elle aussi à gagner, alors que les partis politiques en tireront eux-mêmes un bénéfice certain. » Très soucieux de la situation économique et financière du pays, le président de la République a, encore une fois, jugé utile d’insister sur l’impératif de préserver, développer et protéger l’outil de production qu’il soit du public, du privé, ou né du partenariat. «Les voies et moyens requis consistent dans la perception de l’entreprise qui produit, qu’elle soit publique, privée ou en partenariat, comme un outil précieux créateur d’emplois, sources de revenus et surtout source de richesses pour la collectivité. Un outil qu’il importe, donc, de développer par la productivité et la compétitivité», explique le chef de l’Etat dans son message, non sans ignorer de rappeler la difficulté de la situation induite par la chute des prix du pétrole : «Les prix des hydrocarbures ont sévèrement reculé ces dernières années, ce qui nous condamne à poursuivre notre développement avec des revenus publics sérieusement amoindris, et ce alors que notre démographie enregistre une forte croissance». Ici même, le Président Abdelaziz Bouteflika s’érige en fédérateur des énergies et acteurs soucieux du devenir du pays et de ses intérêts. C’est pourquoi, il les enjoint à se focaliser sur cette seule et unique bataille qu’il faut gagner : «Ce pari n’est pas au-dessus de nos capacités nationales pour autant que nous fassions tous preuve de convergence autour des voies et moyens de développement que la bataille requiert. Ces voies et moyens sont de faire prévaloir une seule et unique idéologie, celle des intérêts du pays et de ses citoyens, pour valoriser davantage nos immenses potentialités industrielles, énergétiques, agricoles, touristiques, minières et autres», souligne-t-il. Pour le président de la République, «les voies et moyens requis pour gagner cette bataille résident aussi dans la conduite et l’accélération des réformes nécessaires pour moderniser et décentraliser la gestion des affaires publiques, moderniser l’environnement de son économie y compris financier, et avancer dans la maîtrise des nouvelles technologies. » Enfin, le chef de l’Etat, s’agissant de cette préoccupation majeure du moment, n’a pas omis de rappeler la tâche qu’il a assignée au gouvernement en vue d’endiguer la crise : «En application de mon programme et de mes directives, le Gouvernement s’est attelé à la tâche pour aller de l’avant dans la bataille du développement économique, de la pérennisation de la justice sociale et de la préservation de la souveraineté économique. » Ceci, alors que le chef de l’Etat a surtout jugé utile d’indiquer que «la démocratie pluraliste et la liberté d’expression sont incontestablement des réalités bien établies, et nous en acceptons même sereinement, quelques excès et quelques outrances». Car, selon lui, il reste «convaincu que le peuple observe et prononce chaque fois ses arbitrages souverains», une façon d’expliquer que nul ne sera président de la République sans la voix du peuple.

Mohand-Arezki Temmar