La direction des services agricoles (DSA) et la chambre de l’agriculture de la wilaya de Bgayet entrevoit une production de près de 18 millions de litres d’huile d’olive à l’issue de la campagne oléicole 2017/2018.
Un bilan jugé en demie teinte, même s’il progresse de manière significative par rapport à l’olivaison précédente, où il n’a été enregistré que 12 millions de litres. À se fier à certaines spéculations obtenues auprès d’exploitants de la région de Sidi Aïch, où la récolte a été entamée dès la première décade du mois de novembre, la situation est bien plus favorable qu’escomptée. «Nous sommes agréablement surpris par la fructification et l’état sanitaire de nos oliviers qui, même privés d’élagage et de labours, nous donnent satisfaction», témoigne un citoyen de Tibane. Faiblement gorgé d’eau et soumis à un échaudage intensif, les baies ne peuvent pas donner la pleine mesure de leur rendement. «Les premières triturations déclinent une productivité oscillant entre 14 et 16 litres par quintal. Nous ne sommes pas très éloignés de la moyenne de ces dernières saisons et nous avons coutume d’enregistrer une amélioration des performances, à mesure que les olives murissent», atteste un oleifacteur de Sidi Aïch, indiquant que la fourchette de fluctuation va, d’ordinaire, de 15 à 20 l/q, avec des pics de 30 l/q pour la variété Azeradj. Dans la haute vallée de la Soummam, la campagne a démarré timidement. Le grand «rush» est attendu à partir de la mi-décembre. La rareté des parcours monovariétaux, rend difficile l’appréciation de l’indice de maturité des fruits. La productivité est tout aussi hétérogène. Chaque facteur apportant son pesant d’aléas. Cela explique aussi la variabilité inter saisonnière des rendements, qui peuvent fluctuer du simple au double, selon les variétés et les régions. «Nous avons connu des hauts et des bas. Cette année, comme les précédentes, on se contente de ce que nos vergers veulent bien nous offrir, car ils sont rarement entretenus», souligne flegmatique, un exploitant de Seddouk, sur la rive droite de la Soummam. Fief de l’oléiculture s’il en est, cette région est réputée pour ses performances oléicoles et ses rendements élevés. Fort de 60 milles hectares de vergers en rapport, le parc oléicole de la wilaya de Bgayet occupe près du tiers de la surface agricole utile (SAU). Elle arrive en tête du peloton des producteurs nationaux d’huile d’olive, et contribue à hauteur de 25% du volume total. Les plantations d’olives autant que les capacités de transformation ont été boostés par le plan national de développement agricole (PNDA), mis en place au tout début des années 2000. Le parc d’huilerie de la wilaya compte aujourd’hui 241 unités de trituration, dont 97 pressoirs traditionnels. Plus d’une centaines d’huileries modernes ont été acquises grâce au fonds de soutien à la filière. Enfin, signalons que 579 ha d’oliviers ont été ravagés par les incendies, au cours de l’année 2017, à travers plusieurs régions de la wilaya. Les opérations d’indemnisation pour la restauration de ces espaces détruits ont été prises en charge par l’Etat.
N. Maouche

