Emmanuel Macro aujourd’hui à Alger

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Le Président Emmanuel Macron est attendu à Alger pour sa première visite officielle qu’il entamera dès la fin de cette matinée, pour l’achever vers 22 heures, heure de son départ pour le Qatar pour une visite d’Etat, demain.

Pour son premier déplacement officiel en Algérie, le Président français sera plutôt en «visite de travail et d’amitié», en attendant de programmer une visite d’Etat où l’agenda sera plus approfondi en sujets et thématiques à échanger. Aujourd’hui donc, «l’ami de l’Algérie» sera accueilli vers 11 heures au tarmac de l’aéroport Houari Boumediène, d’où il ira déposer une gerbe de fleurs au mémorial des Martyrs de la Révolution 54/62. Un bain de foule pour le couple présidentiel est programmé dans les rues d’Alger, avant que l’hôte d’Alger ne soit accueilli par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, pour une audience-déjeuner durant laquelle seront abordées les questions relatives au renforcement de la coopération économique. Un sujet d’actualité qui lie les deux pays qui constituera d’ailleurs le nœud gordien de cette visite éclair qui intervient à la veille de la tenue, à Paris, du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN). La présence du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, et du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérard Darmanin, s’inscrit dans le strict agenda de cette coopération, née en 2011, et qui s’est soldée, le mois dernier, par l’accord d’installation d’une usine Peugeot et Schneider Electric, pour ne citer que ces deux grandes marques de l’industrie française. Emmanuel Macron sera ensuite reçu par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans sa résidence de Zeralda, où un échange entre les deux chefs d’Etat sera porté sur les questions stratégiques. Un tête-à-tête s’ensuivra par un dîner offert par Abdelkader Bensalah, président du Sénat, en présence des membres de la délégation française.

Du commerce à l’investissement…

Il faut dire que l’aspect économique revêt l’essentiel de ce déplacement officiel de Macron en Algérie. Raison pour laquelle la délégation qui l’accompagne a été très fortement élargie aux chefs des Start-up les plus actifs dans l’Hexagone. Pour mieux centrer l’objectif de cette visite, attendue depuis l’élection de Macron à l’Elysée en mai 2016, l’ambassade de France en Algérie a pris le soin de communiquer quelques statistiques de la coopération économique et d’échanges commerciaux entre les deux pays, sous le titre «Coopération économique : des bénéfices durables et partagés». La représentation diplomatique française indique qu’en termes de commerce, les échanges ont atteint 7,5 milliards d’euros en 2016, soit 13 % du commerce (extérieur) total de l’Algérie. 450 entreprises françaises sont établies et actives en Algérie, selon le même document, qui souligne qu’un nombre de 7 000 entreprises françaises travaillent avec le pays. En termes de création d’emploi, l’ambassade donne le chiffre de 40 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects que ces entreprises ont générés. Sur le plan investissement, la France a apporté, selon la même source, 139 millions d’euros d’IDE (investissement direct étranger) rien qu’en 2016, soit 10% des flux entrants en Algérie, et qu’elle dispose d’un stock d’investissement de 2,3 milliards d’euros dans le pays, durant la même année. Cette communication recentrée sur les aspects économiques et commerciaux, pour une visite officielle de moins d’une journée, n’occultera pas, qu’à cela ne tienne, pour la partie algérienne la lancinante question de mémoire qui continue de faire tache d’huile dans les relations algéro-françaises. Des questions sensibles, en somme, qui ne pourront être abordées dans un agenda trop serré concocté entre l’Elysée et El Mouradia. Depuis sa fameuse déclaration sur le passé colonial lors de son escale électorale à Alger en 2016, qualifiant la colonisation de «crime contre l’humanité», Emmanuel Macron est attendu sur ce point précis. Or, le caractère donné à cette visite «de travail et d’amitié» écarte, de facto, de l’aborder. Néanmoins, l’on peut s’attendre à une déclaration ou un geste symbolique relatif à la restitution des crânes de résistants algériens détenus par le musée de l’Homme de Paris. Une revendication officielle avait été formulée dans ce sens par l’Etat algérien, mais aussi par des intellectuels algériens auxquels s’est joint l’historien de la Guerre d’Algérie, Benjamin Stora. «Ce qu’Emmanuel Macron a dit en Afrique la semaine dernière concernait aussi sa vision de la relation entre la France et l’Algérie, qu’il s’agisse des sujets liés à la mémoire, à la coopération, à la jeunesse», a indiqué, hier, un communiqué de l’Elysée à propos de cette visite.

Mohand-Arezki Temmar

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