C’est un véritable coup de pied dans la fourmilière que vient de donner l’Association nationale de la famille du chahid (ANFC), regroupant plusieurs wilayas du pays, qui s’est réunie hier matin au niveau du centre Mohamed Issiakhem de la ville de Bouira. En effet, pour le président de cette association, M. Mustapha Oudai, il est temps de reconsidérer le statut du chahid et surtout revaloriser une image ternie par le discrédit jeté sur la famille du chahid. «L’Association nationale de la famille du chahid s’est réunie, aujourd’hui (hier ndlr), pour une conférence nationale autour de la famille du chahid pour expliquer les objectifs que nous devons mener à bien», explique M. Oudai. «Veiller à la dignité de nos parents chouhada, participer à l’écriture de l’histoire de notre glorieuse révolution, demander le retrait de la loi sur le moudjahid et le chahid, dument la partie concernant le chahid et sa famille, rejeter le privilège de licences d’importation de véhicules, demander réparation à l’État pour la prise en charge insuffisante durant notre adolescence, participer à toute démarche à même d’assurer la transition vers un État aspirant à plus de démocratie et de liberté, objet de combat de nos valeureux pères, ainsi que d’accompagner la jeunesse dans ses objectifs… sont autant de sollicitations légitimes», explique notre interlocuteur. Interrogé sur le retrait de la loi sur le chahid et de sa famille, M. Oudai révèle qu’elle est caduque : «En fin de compte, cette loi qui devait s’appliquer aux moudjahidine a été appliquée aux chouhada et nos parents ont demandé à ce que cette loi soit retirée simplement. Cela ne nous avantage pas, ni nous, ni nos parents. Ce sont là des avantages octroyés pour les autres, en introduisant nos parents qui n’ont rien donné. Il s’agit là d’une demande de tous les enfants de chouhada pour s’unir dans la même organisation au lieu de s’éparpiller, car nous avons trop été utilisés par des cercles occultes. C’est pour cela que nous avons voulu récupérer tous le monde. Nous avons le même objectif, donc pourquoi se retrouver dans plusieurs associations qui font de la politique sur notre dos», estime le président de l’ANFC. À propos de la suppression de la licence d’importation de véhicules, l’Association nationale de la famille du chahid veut frapper fort : «Cette demande de suppression ne fait pas plaisir à certains, mais nous la demandons de tous nos vœux parce qu’en réalité nous n’en avons pas besoin. C’est un privilège qui ne sert pas les enfants de chahid avec 60 % de réduction de la taxe douanière. Surtout aujourd’hui avec les véhicules fabriqués en Algérie, nous n’avons plus besoins de ces licences. Pour se permettre d’acquérir un véhicule à l’étranger alors qu’un euro dépasse la barre des 200 DA, ce n’est pas donné à n’importe qui de se le payer. Il s’agit là d’un avantage qui ne sert à rien pour l’ayant droit du chahid», soutient M. Oudai. En conclusion, l’Association nationale de la famille du chahid réitère son appel à la famille du chahid pour «réaliser l’union sacrée sous une seule entité envers les Algériens soucieux de l’État de droit pour une mobilisation massive autour des idéaux de la révolution.»
Hafidh Bessaoudi

