Un village ignoré

Ikhedachen, un village implanté à 10 km à l’ouest du chef-lieu de la commune d’Ath Laâziz est l’un des hameaux qui accuse un manque flagrant en matière de développement. En effet, c’est du moins ce que révèle les dires d’un habitant qui nous a raconté, lors de notre virée à ce village, les malaises de quelque 1000 âmes qui vivent dans ce bourg. D’abord, pour rejoindre le village, deux issues : soit par la localité de Malla jusqu’à celle Iaâlwachen, soit à partir de la commune d’Aomar. Nous avons emprunté le chemin Malla Iaâchen à pied puisque les moyens de transport sont inexistants malgré la distance de 5 km de ce chemin très fréquenté par les habitants qui veulent rallier surtout la ville de Bouira. Durant notre parcours, notre guide nous a déclaré qu’aucun projet de développement n’a été réalisé au village. A notre arrivée, nous avons constaté l’état déplorable dans lequel sont plongés les habitants d’Ikhedachen : quelques pistes bordées de cactus, qui ne permettent même pas la circulation des piétons. Une virée dans les étroites ruelles dudit village renseigne le visiteur sur l’état critique et regrettable dans lequel vivent les Ikheddachen. « Comme si nous ne sommes pas des Algériens et n’avons pas droit au développement », enchaîne Saïd, notre guide. Par ailleurs, les habitants interrogés déclarent que le réseau d’assainissement est inexistant. « Cela même si nous sommes en 2006 », déclare-t-il. Il est à souligner que la préoccupation majeure des habitants d’Ikhedachen reste l’ouverture d’un chemin afin de rallier les autres localités. Les habitants dudit bourg souffrent le martyre puisque pour acheminer un quelconque matériau de construction ou autres, une seule solution est offerte : les bêtes. Il convient de rappeler aussi qu’un projet a été inscrit les travaux vont être lancés incessamment afin de désenclaver la population d’Ikhedachen et celle d’Ibourassen, un hameau voisin. D’ailleurs, quelques travaux de réfections ont eu lieu dernièrement en collaboration avec la direction des services agricoles de Bouira, et ce pour la réfection du chemin menant vers le village Ihamdiwen. Ledit projet consiste en l’ouverture d’un chemin à partir du village de Béni Foda, vers Ikhedachen (surnommé aussi Laghouat). En fait, la première tranche sera réalisée dans les prochains jours. Cependant, quelques habitants d’Ikhedachen doutent de la façon de mener cette opération puisque, selon eux, « le projet est de Béni Fouda-Ikhedachen via Ibourassen ». Nous avons essayé de rejoindre la direction des travaux publics de Bouira afin d’éclairer nos informations mais en vain. Notre interlocuteur a annoncé que la bonbonne de gaz butane est introuvable dans le village. Pour s’en approvisionner, les habitants des campagnes sont contraints de se déplacer jusqu’aux distributeurs de villages implantés à Ibourassen où la bouteille de gaz est vendue à 250 DA. La crise de transport scolaire pose aussi problème puisque deux bus sont mis par les autorités locales de la commune d’Ath Laâziz aux services des filles des villages Ikhedachen, Ibourassen et Iaalwachen. Les garçons n’en bénéficient pas. « C’est pour cette raison que les taux de réussite de nos enfants sont inférieurs que se soit au BEF ou au BAC ». Vu l’absence de projet de développement pour la région, les jeunes de ce bourg préfèrent déserter leurs hameaux pour chercher du travail dans d’autres villes. Ikhedachen demeure un hameau ignoré par les autorités locales et les pouvoirs publics. Il est temps de prendre en charge ce village et procéder enfin à son désenclavement.

A. Fedjkhi