Les perturbations climatiques, le décalage des saisons et les catastrophes naturelles entraînent aussi des changements dans le comportement des animaux sauvages.
C’est le cas des singes qui, par le passé, ne s’approchent des terrains agricoles de haute montagne qu’en été et en automne, attirés par des fruits de saison comme la cerise, les figues fraîches et le raisin, entre autres. Les perturbations climatiques, faites de sécheresses, d’incendies de forêts et des violentes manifestations des éléments naturels, ont fini par produire un changement de comportement radical chez plusieurs espèces animales. Des colonies de singes se sont retrouvées depuis ces dix dernières années en totale détresse, avec leurs refuges naturels détruits en même temps que le tissu végétal dont ils se nourrissent comme le gland, l’aubépine, les fraises de bois, entre autres. Ces pauvres bêtes n’ont d’autre choix que se rabattre sur les terrains agricoles sur lesquels ils commettent des ravages. On ne s’étonne plus de leur présence à proximité des villages de haute montagne, voire même à l’intérieur, tels que les villages d’Iwakuren, Ivelvaren, Ath Hamad Ath Illiten et Imesdhurar dans la commune de Saharidj, Takerboust et Selloum dans celle d’Aghbalou et enfin Tiksiridene dans la commune de Chorfa. Ce sont de véritables Razzias que ces primates opèrent sur les vergers au point où de nombreux agriculteurs ont «mis la clé sous le paillasson». Les villageois affirment que ces colonies composées de 20 à 40 tètes ont fini par se familiariser avec ces lieux habités et sont à l’heure actuelle habituées à la présence humaine. Ces singes ne sont nullement effarouchés par les bruits que font les paysans pour les éloigner, même les chiens n’arrivent plus à les effrayer. Les clôtures n’empêchent pas ces primates d’investir les vergers, affirment certains paysans de la région de Saharidj qui ne savent plus à quel saint se vouer, d’autant plus que ces singes s’attaquent même aux jeunes bourgeons et aux fleurs des arbres fruitiers. Plusieurs agriculteurs de ces régions qui nous avons rencontrés affirment que leurs requêtes, auprès des services des forêts et du parc national du Djurdjura (PND), sont restées lettres mortes. La seul solution pour réduire les nuisances de ces singes est de mettre sur pied des équipes de surveillance motorisées ou à cheval pour les repousser vers leur territoire habituel. Il y a lieu de signaler que les singes tout comme les oiseaux ne sont pas nocturnes, ce qui facilite un peu la tache de les repousser à chaque incursion, quitte à utiliser de pétards. Espérons que le cri de détresse de ces malheureux agriculteurs, dont la plupart n’ont que ces vergers pour faire vivre leurs familles, soit entendu et fera réagir rapidement les organismes étatiques concernés, d’autant plus que cette invasion est, désormais, devenu un phénomène récurent.
Oulaid Soualah

