Ils ont toujours été d’inestimables richesses et sources nutritionnelles à valeur calorique pour les habitants de la région. Il s’agit de la caroube et de la figue de Barbarie qui font partie du décor spécifique des montagnes, tellement les variétés sont abondantes. Mais, contrairement aux pays voisins, ces richesses ne sont pas exploitées, au point de vue économique. En effet, ces deux produits du terroir, qui poussent sans intervention humaine, comme un don du ciel, présentent des caractéristiques spéciales. Ils peuvent constituer une source nutritionnelle à fort potentiel calorique. Puis, leur abondance offre une opportunité d’en faire des produits commercialisables, transformables et surtout exportables. Mais, y a-t-il des conditions qui permettent cette exploitation ? Ces dernières années, les services concernés au niveau de la wilaya travaillent justement d’arrache-pied pour mettre en valeur les produits en question et bien d’autres. La volonté de ces services, qui commencent d’ailleurs à s’appuyer sur les experts de divers domaines, ne peut pas suffire si la culture nécessaire à cet effet ne suit pas. Tout le monde sait qu’un grand nombre de produits importés à coups de dollars sont fabriqués à base de la caroube. Il existe même des médicaments dont la fabrication inclut des substances tirées de ce fruit. Dans les montagnes, les caroubiers, ces arbres rugueux, poussent sans que cela ne suscite l’intérêt des villageois. Tout comme la figue de Barbarie d’ailleurs qui caractérise le décor local. Elle pousse à profusion et donne des centaines de milliers de tonnes de fruits qui moisissent et tombent à l’arrivée des premières pluies. Des richesses exploitées à l’échelle microscopique pour les besoins de la famille, dont la grande majorité est jetée. Ce constat trouve ses causes d’abord dans le retard accusé dans l’exploitation économique des produits du terroir. La dynamique ne fait que commencer. La culture locale, qui ne donne pas assez d’importance à la commercialisation des produits du terroir, n’est pas faite pour contribuer à la promotion de ces fruits. Et, même s’il y a volonté de commercialisation, elle bute sur un inconvénient d’ordre social, à savoir la nature de la propriété chez la société locale. Le morcellement très accentué des terres rend, en effet, quasi impossible toute exploitation à grande échelle de ces richesses. Chaque famille possède sa parcelle et exploite ce qui pousse dessus indépendamment des voisins qui font de même. Toute volonté de commercialiser se retrouverait bloquée par cette caractéristique que seule une vision globale du développement local peut limiter.
Akli N.
