Réseau routier considérablement dégradé, notamment à cause de la non remise en état après les travaux de gaz ou d’AEP, eaux usées se déversant dans la nature, absence de structures culturelles ou sportives… Telles sont, entre autres, les carences dont se plaignent les habitants de Timizart, dans la daïra de Ouaguenoun.
D’innombrables chemins et ruelles sont devenus impraticables, notamment après les dernières pluies diluviennes. Une situation aggravée par l’absence de caniveaux et d’un réseau d’évacuation des eaux pluviales. Même si des budgets conséquents ont été alloués par les assemblées élues, tant pour aménager ou revêtir les routes que pour réfectionner le réseau d’assainissement et des conduites d’AEP, rien n’a encore été fait à Timizart.
Réseau routier défectueux
À titre indicatif, le chemin communal, long d’une quinzaine de kilomètre et qui relie le chef-lieu de la commune, Souk El Had, à la RN71, en passant par le grand village Abizar, représente un réel danger pour les usagers. Cet axe routier, pourtant très fréquenté, est truffé de crevasses, pour ne pas dire de cratères. Au lieudit Tizi N’sebt, en plein centre du chef-lieu communal, la chaussée est impraticable, suite à des travaux de réalisation d’une conduite d’assainissement. Quelques mètres plus loin, l’accès est carrément coupé à plusieurs endroits, car les travaux de remise en état n’ont pas été effectués. La circulation devient de plus en plus cauchemardesque pour les automobilistes qui déplorent, par ailleurs, une multiplication irraisonnée de dos-d’âne. Ceux-ci sont tellement mal faits que les usagers les qualifient ironiquement de «montagnes», de plus non indiqués par un quelconque panneau de signalisation. Cet axe desservant nombre de villages, dont Tighilt, Izarazen, Bouissi, Imesbahen et Iadjemat, nécessiterait un revêtement digne de ce nom, que tous les villageois appellent de leurs vœux. A signaler que ce chemin communal avait bénéficié, il y a quelques années, de travaux de réfection de ses ouvrages de drainage des eaux pluviales. Mais après les travaux de gaz et d’AEP, son revêtement est une urgence. L’autre axe routier devenu lui aussi impraticable est celui qui relie Amies-Laâzib-Igounane-At Ouadhour. M. Amar Ihedjaden, vice-président de l’APC de Timizart, nous a fait savoir qu’une cagnotte budgétaire, de l’ordre de cent millions de dinars, a été accordée dernièrement pour effectuer les travaux de revêtement de ce tronçon. Selon le même élu local, la commune étant d’une grande superficie et d’une densité démographique dépassant les 35 000 âmes, «la réfection de toutes ses routes nécessite un budget spécial. Les enveloppes budgétaires allouées dans le cadre des Plans communaux de développement (PCD) ou les budgets sectoriels sont tout simplement insuffisantes». L’aménagement du chemin menant vers Tigoulmamine, où se trouve le CEM Amatoui Mohamed, attend toujours. Cet accès routier, d’une distance approximative de huit kilomètres, qui mène vers Alma N’Ouhamouche, Tikherkhart et Ighil, en passant par Agouni Oukhaled, à l’extrême nord d’Abizar, est dans un piteux état. Les habitants des lieudits su-cités en sont pénalisés au quotidien. D’autres axes routiers de Timizart nécessitent un revêtement, notamment le chemin reliant le chef-lieu de la commune à Tamda (relevant territorialement d’Ouaguenoun), traversant Boudhrar, Nezla, le village agricole socialiste, Chalaouati… Des crevasses béantes, des affaissements et rétrécissements y sont légion.
Iadjemat, même pas une salle de soins !
Iadjemat, un village sis à l’extrême Nord de Timizart, souffre lui aussi de nombreuses insuffisances. Là aussi, les travaux de raccordement au gaz ont laissé des traces. Les branchements n’ont toujours pas été effectués et les villageois désespèrent de bénéficier un jour concrètement de ce moyen moderne de réchauffement. Et dans ce village, situé à 900 mètres d’altitudes, l’hiver est rude. Les ménages recourent toujours au gaz butane ou au bois. Plusieurs foyers ne sont, par ailleurs, toujours pas raccordés au réseau d’assainissement. La couverture sanitaire fait également défaut à Iadjemat. Ne disposant même pas d’une simple salle de soins, les malades sont contraints de se rendre soit à la polyclinique d’Agouni Oucherki (Aghribs), soit à celle d’Agouni Moussi, chef-lieu de la commune d’Iflissen, ou bien à celle du chef-lieu de la commune de Timizart, sise à une quinzaine de kilomètres. Les patients nécessitant une hospitalisation sont eux orientés vers l’hôpital d’Azeffoun, sis à quelque 35 kilomètres, celui d’Azazga, situé à une quarantaine de kilomètres, ou vers d’autres hôpitaux de la ville de Tizi-Ouzou, à plus de cinquante kilomètres du village. La jeunesse est elle aussi abandonnée à son sort à Iadjemat. Pas de maison de jeunes ni même une aire de jeux où les jeunes peuvent s’adonner à des activités culturelles ou sportives. Le seul point de chute des jeunes, le stade du lieudit Akouacha, se dégrade de plus en plus et attend toujours des travaux d’aménagement.
Des eaux usées déversées dans la nature
A Imaloucène Oufella, un beau village à vocation agricole où beaucoup d’habitants vivent de l’élevage, la majorité des foyers ne sont pas raccordés au réseau d’assainissement. Les eaux usées sont déversées dans la nature. Ce qui met en danger la santé des villageois. La route principale y menant a été goudronnée dernièrement, mais les accotements ne sont pas entretenus. Le chemin manque de canaux de drainage des eaux pluviales. La dégradation des pistes agricoles est également constatée au niveau du village. Le comité d’Imaloucène Oufella, que préside M. Tahar Iamerache, a saisi les pouvoirs publics leur réclamant le raccordement des foyers du village au réseau d’assainissement tout comme la réfection de l’accès menant à Timizart N’Sidi Mansour, en passant par Imrahen. Le comité demande par ailleurs le revêtement des pistes agricoles et la réalisation des canaux de drainage des eaux pluviales.
En été, «on vit avec le spectre des incendies»
Les incendies de l’été dernier ont laissé des séquelles à Timizart. D’innombrables oliviers, ruchers, bottes de foin et arbres fruitiers sont partis en fumée. Et pour l’heure, des dizaines de sinistrés attendent toujours leurs indemnisations. Seuls 25 % des victimes ont été dédommagées. «Notre commune est lésée. Nous n’avons aucune structure d’accompagnement ou d’assurance. Nous vivons un véritable paradoxe. Ailleurs, on entend dire que le foncier est synonyme de projets et de développement, chez nous, du foncier il y en a, mais point de projets. La commune est pourtant considérée comme la première en production de lait cru au niveau régional, voire national. Nous avons des assiettes foncières et il suffirait d’un peu de bonne volonté de l’administration pour lancer des projets, notamment une unité de Protection civile, ce qui limiterait les dégâts en cas de catastrophe naturelle», avait déclaré, récemment, le maire de Timizart à La Dépêche de Kabylie. D’autre part, le spectre de la prolifération des décharges sauvages n’est pas à écarter dans la commune, puisque, dans deux mois, arrivera à terme le contrat la liant au CET de Oued Fali, a-t-on appris à l’APC. La commune n’aura, en effet, plus droit de déverser ses déchets au niveau de cette décharge. Il est donc temps de penser à une nouvelle approche en matière de gestion des détritus ménagers en vue de préserver l’environnement à Timizart. De leur côté, les élus locaux s’apprêtent à organiser, prochainement, une semaine de sensibilisation portant sur les techniques de tri des déchets.
Djemaa Timzouert

