à quelques jours du mois de Ramadhan, il a été constaté la multiplication des points de vente de poulets de chair sur les accotements de la RN26, traversant du Sud au Nord la vallée de la Soummam. Que ce soit dans des baraques de fortune ou à même les trottoirs, les poulets, «entassés» dans des cages, sont abattus dans des conditions atroces et loin de tout respect des règles d’hygiène. Le gain facile et rapide semble aguicher ces pseudo-volaillers qui foulent aux pieds la réglementation régissant cette activité. Le cheptel avicole, faut-il le signaler, est acheminé directement des unités de la région pour être vendu sans aucun contrôle ni certificat de bonne santé. «C’est la débandade totale ! Chacun fait ce que bon lui semble chez nous sans qu’aucune autorité ne bronche ! Pourtant, il y va de la santé publique qui se voit à chaque fois menacer par ces commerçants de la 25e heure pour qui l’hygiène et la conformité sont le cadet de leurs soucis ! On ne sait jamais si les poulets vendus ont purgé tous les vaccins et autres médicaments qu’on leur injecte. Ces produits sont un danger pour les consommateurs», fait savoir un habitant de la région. L’abattage des poulets se fait dans des conditions repoussantes, car les «volaillers» ne semblent aucunement inquiétés par les conséquences qui découleraient de telles pratiques, qualifiées d’irresponsables par les plus avertis. Le sang des volailles se répand un peu partout et leurs plumages s’éparpillent ici et là dans un chaos indescriptible. Après l’abattage, les poulets sont mis dans des bassines d’eau bouillante et infecte, puis étalés sur une machine à plumer d’où dégouline le sang de ces animaux. Par la suite, ils sont remis dans des sachets noirs aux clients qui payent rubis sur ongle leur achat. Cependant, il est à souligner que le recours de la plupart des ménages à ces points d’abattage clandestin s’explique par l’érosion du pouvoir d’achat et de la cherté ambiante des denrées de première nécessité. «Ce n’est guère par gaîté de cœur que j’achète le poulet abattu sur les accotements de la RN26, car celui qui sort emballé et étiqueté des abattoirs légaux coûte 350 DA/kg, alors que celui qui est vendu à l’air libre coûte entre 220 et 240 DA/kg. Et c’est là toute la différence!», regrette un père de famille de Tazmalt.
S. Y.
