AGHBALOU – Polémique autour de la 3e édition du festival amazigh de Takerboust – Le maire RCD pointé du doigt

La tenue de la 3e édition du Festival amazigh de Takerboust est remise en cause. Le maire d’Aghbalou refuse de délivrer l’autorisation aux organisateurs qui ont retenu l’école primaire de la localité pour abriter les festivités.

En effet, depuis plusieurs semaines, les organisateurs tentent de ramener à la raison le maire pour permettre la tenue de la troisième édition du Festival amazigh qui se déroule chaque année à Takerboust, chef-lieu communal d’Aghbalou. Un événement incontournable qui est devenu, au cours des précédentes éditions, un rendez-vous pour les amoureux de la culture et du théâtre amazighs avec des figures emblématiques connues et reconnues du monde du spectacle. L’association locale Assayas, initiatrice et organisatrice en compagnie de l’association Ithrane, n’ont eu de cesse de dénoncer le refus du P/APC d’Aghbalou qui s’oppose à la tenue de ce festival pour des motifs qu’ils jugent absurdes. Cet élu d’obédience RCD vient, ainsi, mettre dans l’embarras les responsables de ce parti qui ont toujours misé sur le ‘C’ de culture du sigle de leur formation. D’ailleurs, ces responsables, à leur tête le président Mohcine Bellabas, d’habitude si prompt à réagir lorsque «des droits» sont bafoués, a préféré se cloitrer dans un silence qui ne dit pas son nom alors qu’il a été destinataire d’une déclaration pour rappeler à l’ordre ce maire qui chasse la culture amazighe de cette commune de haute montagne. Il faut dire que le premier responsable du RCD n’est pas le seul à faire semblant de ne pas voir ce que les citoyens d’Aghbalou et les amateurs du 4ème art en général qualifient «d’injustice caractérisée» à l’encontre des droits les plus élémentaires. D’ailleurs, ce silence est également observé par les autorités de wilaya qui ont pris connaissance du refus du maire d’Aghbalou de voir se dérouler la troisième édition du Festival amazigh. Une troisième édition qui, si elle se tient, fera que la wilaya de Bouira verra l’institutionnalisation de ce festival largement apprécié. Il faut dire que pour le moment, la wilaya de Bouira n’a encore aucun événement culturel institutionnalisé, contrairement à Tizi-Ouzou, Béjaïa, ou les autres wilayas du pays. Serait-ce un calcul malsain de certains cercles opposés à la culture, ou bien tout simplement une négligence déterminée à laquelle répond une stratégie savamment orchestrée ? Les associations de Takerboust n’exigent pas de moyens financiers pour l’organisation de ce festival, elles demandent uniquement une autorisation dans un établissement scolaire pour que le public puisse assister à des représentations théâtrales. Le directeur de l’éducation a été destinataire de la demande d’autorisation, mais la réponse n’a toujours pas été rendue. Le wali, son cabinet, le secrétaire général de la wilaya ont tous été destinataires de demandes pressantes pour ce festival, d’autant plus qu’une pétition ayant pour le moment recueillie plus de 2 000 signatures est un signe fort de l’engouement des citoyens pour le 4ème art. Le maire d’Aghbalou ayant rejeté la demande, avait, dans un premier temps, argumenté le manque d’engouement des citoyens pour cet événement culturel. N’empêche que d’après les membres du mouvement associatif de Takerboust, le festival se tiendra, même si la date, initialement prévue du 9 au 15 juin, n’est pas respectée à cause de ces entraves administratives. Par ailleurs, une caravane composée d’artistes, de personnalités, d’hommes et de femmes de théâtre, de lettres et de culture est attendu dans la localité pour exprimer son soutien par sa présence, dénoncer ces atteintes et pour exiger une liberté culturelle injustement confisquée à des fins politiques inavouées.

Hafidh Bessaoudi