CONSOMMATION – Achat des vêtements pour l’Aïd El-Fitr – Les petites bourses à rude épreuve

Après les dépenses du mois de Ramadhan, voilà la saigné de la fête de l’Aïd El-Fitr. Les parents déjà épuisés par les dépenses faramineuses du mois de jeûne, sont appelés à racler les fonds de leurs tiroirs pour habiller leurs chérubins.

Il va sans dire que les petites bourses notamment ont été lourdement affectées durant le mois sacré, où une impitoyable mercuriale a sévi sur le marché des fruits et légumes. A moins d’une semaine de l’Aïd El Fitr, c’est la ruée vers les magasins. Les artères de la capitale sont envahies par une marée humaine qui s’arrête devant chaque magasin de prêt-à-porter pour voir les prix affichés. Les magasins spécialisés affichent depuis quelques jours des prix qui font fuir les petites bourses. Les parents sont ainsi anéantis et assommés par les prix affichés. Les pères de famille, accompagnés de leur progéniture, recherchent la moindre bonne occasion. Tout le monde se sent obligé de consentir des sacrifices financiers pour maintenir la tradition et satisfaire les enfants. A Alger, comme partout ailleurs, la joie se lit sur les visages des enfants, alors qu’abattement et lassitude marquent ceux des parents. Tous ceux rencontrés dans les magasins de vêtements ou devant les étals des marchés semblent désemparés et soucieux. «Avec un salaire de 25 000 DA, comment pourrai-je subvenir au besoin de mes trois enfants», nous dira un père de famille.

Hausse de 40% des prix des vêtements pour enfants

A quelques jours de l’Aïd, les prix des vêtements pour enfant ont enregistré une nette augmentation par rapport à la même période de l’an dernier, a constaté la ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH). Lors d’une virée effectuée dans plusieurs wilayas du pays, la LADDH a constaté que les prix des vêtements pour enfant varient entre 5 000 à 10 000 DA.

La friperie à la rescousse des familles algériennes

La ligue en question a indiqué dans son rapport, que la hausse des prix a poussé les ménages algériens à se rabattre sur les friperies et les habits étalés sur les trottoirs. Ils sont, en effet, nombreux à se diriger vers les friperies à la recherche de vêtements en bon état et à un prix raisonnable. L’érosion du pouvoir d’achat et le faible revenu des ménages déjà épuisés par les dépenses du mois sacré, a contraint les familles algériennes à se rabattre sur les friperies, en dépit de l’interdiction de leur importation depuis 7 ans. La LADDH a à cet effet tiré la sonnette d’alarme contre les risques de maladies que ces vêtements peuvent représenter. «Un père d’une famille de quatre enfants, qui touche un salaire qui ne dépasse pas les 30 000 DA, se voit contraint à dépenser de 5 000 et jusqu’à 10 000 dinars, comme une moyenne, pour habiller un seul enfant», s’est interrogé la ligue en question. La même source affirme dans le même sillage qu’«un des vendeurs de vêtements a affirmé que les prix affichés cette année sont dus au monopole des importateurs». Il a ajouté que 80% des vêtements sont importés de Chine, de Turquie et de certains pays européens. Il explique en outre que «le taux d’investissement dans la production de vêtements et de chaussures est encore très faible en Algérie».

L. O. CH