« Une ZAC à Boni pour combattre le chômage »

La dépêche de Kabylie : Vous êtes à la tête de l’APC d’Ighil Ali depuis quelques mois. Quel constat faites-vous ? l Mohamed Bouhaddi : Au fil du temps, j’ai réalisé que ce que la commune attend de notre équipe est immense. A commencer par l’administration municipale qui ne fonctionnait guère dans les règles de l’art. A titre d’exemple, nombre d’employés ne respectaient même pas les horaires de travail et nous avons trouvé des habitudes qui n’honorent pas l’administration. Nous avons donc pensé qu’il fallait, en premier lieu, remettre de l’ordre dans la maison. A présent, le citoyen peut, dores et déjà, constater de visu l’amélioration réalisée dans ce domaine-là. Peu à peu, tous ces mauvais réflexes seront bannis, j’espère, à jamais au niveau de notre commune. Je suis plus que convaincu que c’est seulement avec la mobilisation de tout un chacun que notre commune pourra aller de l’avant. Quelles sont les priorités de votre programme ?l Elles sont nombreuses et le temps qui nous est imparti est trop court. Ceci dit, nous jugeons que le chômage endémique a atteint des pics alarmants au niveau de la localité. Il faut en finir avec les emplois précaires et trouver des solutions sérieuses et urgentes à ce problème que subit de plein fouet notamment la masse juvénile. Je suis persuadé que cette crise connaîtra son dénouement notamment avec la relance du projet de la zone d’activité commerciale (ZAC) au lieudit Boni. Au stade où sont nos contacts, l’espoir est permis. C’est un projet qui nous tient à cœur et que nous souhaitons réaliser avant la fin de notre mandat. De plus, la commune qui ne fonctionne jusque-là qu’avec les subventions de l’Etat, avec cette ZAC, en plus d’autres projets prometteurs, elle pourrait réaliser son autonomie financière. Je ne peux pas en quelques mots énumérer tous les manques dont souffre la collectivité tels que l’absence de centre de formation, d’un autre CEM, de beaucoup d’infrastructures, de gaz de ville, et j’en passe. Notre commune doit aussi assurer de façon régulière et suffisante l’approvisionnement des ménages en eau potable. La commune d’Ighil Ali est confrontée à un exode rural sans précédent. Que préconisez-vous pour, du moins, son ralentissement ? l Il existe en effet des villages, à l’image de Ilougane et Tazla, qui sont presque totalement désertés. C’est le cas plus ou moins des autres villages, comme Tabouanant, Moka, Zina et Belayel. Ces villages sont dépeuplés parce qu’ils manquent cruellement de toutes les commodités. La situation est, ma foi, gravissime. Afin de concrétiser notre vœu d’encourager le retour des habitants de ces villages, nous œuvrons pour la réouverture des écoles fermées, le revêtement des pistes automobiles, la création de l’emploi, la création des moyens de transport, etc.

Concrètement, qu’avez-vous fait ? l En principe, incessamment la commune bénéficiera de quatre (04) minibus. Nous oeuvrons aussi pour une aide concrète en direction des paysans pour redynamiser les activités agricoles dans les villages. Nous avons déjà entamé le revêtement de quelques pistes des villages. Il nous reste la piste du village Tabouanant qui est aussi dans un état de dégradation avancée, nous avons demandé sa réfection et son revêtement et j’espère que cela se fera dans un futur proche. Y a-t-il une solution au sempiternel problème de manque de terrains de construction pour la réalisation de votre programme de développement ?l Effectivement, notre commune souffre sérieusement de ce problème. Bien des projets de développement ont été tout simplement ajournés par nos prédécesseurs pour manque de terrain pour leurs réalisations. Nous avons trouvé une solution dans l’achat de parcelles de terrain auprès des particuliers. Beaucoup de citoyens sont intéressés par la vente et cela est de bon augure.

La santé demeure le parent pauvre de la commune et les citoyens s’en plaignent. Qu’avez-vous à leur dire ? l Présentement, le centre de santé existant est dans l’impossibilité de satisfaire la population en matière de soin. Le manque en moyens matériels et en personnel est flagrant. Les habitants, notamment ceux des villages situés très loin du chef-lieu de commune, souffrent le martyre. Ils se trouvent astreints de se déplacer jusqu’à l’hôpital d’Akbou, situé à soixante (60) kilomètres, en payant le transport à plus de 1000 DA et ce, parfois pour subir une simple consultation ! Il y a eu même des décès parmi les femmes enceintes à cause de l’éloignement de la maternité. La réouverture de la maternité d’Ighil Ali est plus qu’une exigence. Il y va de la vie de nos concitoyennes. Le Directeur de santé de la wilaya de Béjaia nous a promis de venir constater de près tous ces problèmes et leur trouver des solutions. J’espère qu’il tiendra sa promesse. Qu’avez-vous à dire en guise de mot de la fin ?l Je vous remercie pour cette interview qui permettra aux citoyens de s’informer de ce qui se passe dans leur municipalité. Et ce, même s’il nous est impossible d’évoquer ici tous les sujets ayant trait à notre mission en tant qu’élus municipaux. Je lance un appel à tous nos collaborateurs et partenaires pour se mobiliser afin de redorer le blason de notre commune.

Entretien réalisé par Karim Kherbouche