Environnement – La pollution gagne du terrain

Rien ne semble stopper l’avancée de la pollution de la nature dans la région de la vallée du Sahel. Ce mal insidieux, auquel on ne fait, semble-t-il, aucun effort pour y remédier, continue d’envahir de larges surfaces qui se trouvent mises à mal. Aucune commune dans la wilaya de Bouira n’échappe malheureusement à ce lancinant problème dénotant d’une véritable « crise » de gestion des ordures ménagères, où les moyens pour la collecte, la sensibilisation des citoyens, l’implication des organismes en charge du volet écologique sont, entre autres, les éléments qui sont en rupture de chaîne. Les exemples des dépotoirs et autres décharges sauvages, qui apparaissent ici et là dans cette région de la vallée du Sahel, pour ne citer que celle-ci, sont légion malheureusement. Cependant, il y a lieu de soulever cette incurie qui consiste en la transformation des cours d’eau en dépotoirs et autres collecteurs des eaux usées de toute la région. A cet effet, les berges des rivières traversant cette région sont devenues des dépotoirs et des cloaques à ciel ouvert. Sans aucun ménagement ni scrupule, les déchets ménagers et industriels, les gravats et autres de la localité sont déversés sur les lits de ces oueds les polluant à l’extrême. Ces cours d’eau comme le Sahel, l’Amarigh, le Tiksiridène, etc dont les eaux étaient potables, il y a quelques décennies de cela, sont devenus tous pollués. A Chorfa, Ahnif, M’chedallah, ou Ath Mansour les oueds offrent une vue chaotique et désolante à la fois, dénotant de ce mépris et négligence envers l’environnement lequel n’a assurément pas besoin de toute cette pollution. L’écosystème est en conséquence menacé et les animaux qui vivent dans ces espaces se trouvent également menacés par les rejets dont ils tirent souvent leur alimentation changeant de ce fait leur mode de vie et la pérennité même de leurs espèces. Pour leur part, les eaux de surface qui coulent par intermittence dans ces rivières ne sont plus saines. Elles ne peuvent même plus servir à l’irrigation tant elles comportent des substances chimiques et toxiques en sus des déchets liquides et organiques comme le lixiviat. Quant à la nappe phréatique, celle-ci risque une grave pollution aux conséquences incalculables sur la santé publique, car il y a des dizaines de forages qui sont installés sur les berges de ces oueds d’où est pompée l’eau destinée à la consommation ménagère des commune d’Aghbalou, Chorfa, M’chedallah et Ahnif. Devant cette pollution à grande échelle, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures sérieuses pour limiter les dégâts.

Y. Samir.