La grève des enseignants suivie à 80%

Celle-ci, généralisée sur les trois paliers, a été, du moins au niveau de la capitale, largement suivie, notamment dans les lycées. Dans les autres paliers, la paralysie est partielle. C’est d’ailleurs le constat établi lors de notre petite virée faite dans plusieurs quartiers de l’Algérois, citons entre autres Ben Aknoun, Bachdjarah et Alger-centre. C’est là une preuve, souligne Redouane Osmane du Conseil des lycées d’Alger (CLA), une des quatre composantes de la coordination qui a initié ce mouvement de protestation, de deux jours, « de la force des enseignants et de leur détermination à ne pas faire machine arrière jusqu’à obtenir gain de cause ». D’après lui, le taux de participation au débrayage tourne autour de 75 à 80%. La plus forte mobilisation a été enregistrée au niveau de la capitale et dans la wilaya de Tizi Ouzou, où les écoles étaient paralysées respectivement à hauteur de 80% et 90%. Aujourd’hui, les protestataires comptent observer un rassemblement devant le ministère de l’Education à midi afin de crier leur ras le bol quant à leur situation socioprofessionnelle. Une chose qui est sûre, c’est que la coordination n’est pas prête à lâcher prise et faire des concessions s’agissant de leurs doléances qui s’articulent autour de la revalorisation des salaires à 100%, la retraite après 25 ans du service et la révision du statut de l’enseignant. La coordination a déjà menacé sa tutelle qui, jusqu’à ce jour, ne l’a pas reconnue en tant qu’organisation syndicale, de radicaliser son mouvement de protestation quitte à bloquer le troisième trimestre. « Nous voulons briser le silence de notre tutelle », lance Osmane. Rappelons que le ministère de l’Education a initié plusieurs séances de pourparlers avec les syndicats de l’éducation, tentant de dénouer le conflit et de calmer les esprits, vainement. Les représentants des enseignants se sont montrés peu convaincus des arguments avancés par le département de Benbouzid, notamment concernant la revendication salariale et le statut particulier. Le ministère estime que la satisfaction de ces deux points ne relève pas de ses prérogatives mais de la tripartite. Les enseignants l’entendent autrement. La coordination souligne que le ministère doit mettre en place des mesures constructives à même de répondre favorablement aux doléances, faute de quoi, elle joindra l’acte à la parole.

Wassila O. H.

… A 75% selon la DE de Tizi Ouzou…

Le débrayage auquel a appelé le collectif des syndicats de l’éducation, a suscité un écho plus au moins important dans la wilaya de Tizi Ouzou. Selon les chiffres fournis par la Direction wilayale de l’éducation, les trois quarts des lycées de Tizi Ouzou auraient adhéré au mot d’ordre de grève. La même source ajoute que seulement 6,11% des établissements du moyen, aurait débrayé tandis que affirme-t-on encore, la grève est quasiment inexistante parmi les écoles primaires. Au final, la DE avance un taux global de suivi avoisinant les 16,32%, tous paliers confondus.

Ceci étant, les syndicats ayant participé à l’action d’hier n’ont rendu publique aucune statistique. La polémique demeure donc entière sur le suivi réel de cette grève. Selon toute vraisemblance, le CNAPEST, le CIA, le SATEF et le SETE de Béjaïa, principaux meneurs de ce débrayage attendront le soir du deuxième jour de la grève (aujourd’hui ndlr) pour communiquer leur propres taux. Il est à rappeler toutefois, que cette action commune a été officiellement entérinée, lors d’une réunion du collectif syndical, tenue au siège du SATEF à Tizi Ouzou, il y a un peu plus d’un mois. Tout compte fait, le bras de fer opposant les principaux syndicats de l’éducation ne fait dont que s’endurcir.

Ahmed B.

… et 75,36% à Béjaïa

Hier et certainement aujourd’hui les établissements scolaires de la wilaya de Béjaïa sont paralysés par la grève initiée par la Coordination intersyndicale de l’éducation nationale qui comprend désormais le CLA, le CNAPEST, le SATEF et le SETE WBéjaïa. Cette grève, dont le taux de suivi est selon les syndicalistes du SETE de Béjaïa de 75,36% tous corps confondus, sera « ponctuée par un rassemblement le deuxième jour, à savoir lundi 24 avril 2006 à 12 heures devant le siège du ministère de l’Education nationale ». Les revendications qui ont été déjà portées à la connaissance des responsables concernés lors des grèves similaires des 15 et 16 janvier 2006 et 19, 20 et 21 février 2006 sont au nombre de quatre, à savoir l’augmentation des salaires, la promulgation des statuts particuliers des travailleurs de l’éducation, la retraite à 100% des salaires et le respect du libre exercice du droit syndical. A noter qu’hier, au moment du déclenchement de la grève, le secrétaire général du SETEWB, Mallek Bekhouch, comparaissait devant le tribunal d’Abane-Ramdane pour incitation à la grève et grève illégale.

B. Mouhoub