Des formateurs américains à la rescousse

L’enseignement de l’anglais doit impérativement être conçu dans l’objectif d’aider notre société à s’intégrer harmonieusement dans la modernité. Il s’agit d’une pleine et entière participation à une communauté linguistique nouvelle qui utilise l’anglais pour tous types de « transaction » « Cette participation basée sur le partage et l’échange d’idées scientifiques, culturelles et civilisationelles permettra une connaissance de soi et de l’autre », tels sont les propos relevés dans le préambule des programmes de l’enseignement de la langue anglaise en troisième année moyenne. Selon les concepteurs de ces programmes, il sera ainsi donné à chacun la possibilité d’accéder à la science, à la technologie et à la culture universelle tout en évitant l’écueil de l’acculturation. Quant à son discours devant la commission nationale de la réforme du système éducatif, le président de la République a insisté sur le fait de doter l’élève des atouts indispensables, pour réussir dans le monde de demain. Dans cette optique, une série de stages de formation a été initiée dans le cadre de la coopération algéro-américaine au niveau du CEM Dardar de Tizi Ouzou. Deux Américains sont spécialement venus dans cet établissement en vue de former les professeurs d’anglais des cycles moyen et secondaire. Ainsi pour ce dernier, les professeurs responsables de la discipline ont bénéficié de deux jours les vingt-trois et vingt-quatre avril derniers. Quant à ceux des classes de première année secondaire à raison d’un professeur par lycée, ils ont eu cette chance de participer les vingt-cinq et vingt-six avril à ce programme de formation. « C’est vraiment formidable d’entendre ces « natifs » discourir dans la langue de Shakespeare. Les contenus de leurs conférences étaient d’un niveau supérieur. « Il faudrait multiplier ce genre d’initiative car elles permettent aux enseignants de côtoyer des gens qui maîtrisent bien l’enseignement de l’anglais en tant que langue étrangère », nous a confié un séminariste. Pour l’enseignement moyen, le tour a été donné en fin de semaine (mardi et mercredi derniers) aux professeurs venus d’au moins dix dairas (Draâ Ben Khedda, Tizi Gheniff,Tigzirt, Draâ El Mizan, Maâtkas, Ouacifs, Ath Douala, Ouadhias, Boghni et Ath Yenni) après celui des autres dairas, avec un participant par collège. « Ces deux journées nous ont été d’une grande importance, lorsque l’on sait que l’enseignement de l’anglais est en butte dans notre pays à plusieurs problèmes dont l’adaptation des élèves aux situations de communication qui leur sont proposées notamment à partir de la 3e AM », nous a dit un professeur de Draâ El Mizan. Avant d’enchaîner : « l’enseignement par projet a été longuement debattu avec la conférencière qui a répondu à toutes nos questions. Vraiment, c’est formidable d’avoir des formateurs de cette qualité et de cette trempe ». Effectivement, pour une meilleure formation des enseignants, notamment ceux des langues étrangères, il est impératif aux responsables du secteur de recourir à ce genre de contacts, surtout que le domaine de la didactique des langues a beaucoup évolué ces dernières années. Il ne faut pas perdre de vue que certaines méthodes, telle l’approche par compétences, sont encore mal comprises par nos enseignants. Interrogé, un professeur de langue française s’est demandé quand le département de Benbouzid fera appel à des pédagogues étrangers, qui ont fait leurs preuves dans l’enseignement du français « langue étrangère ». Et de se poser la question : « pourquoi ne mettent-ils pas à notre disposition « le Monde de l’éducation » et le « Français dans le monde », deux revues spécialisées, pourtant déjà disponibles à la fin des années quatre-vingt ? » Toute réforme doit être accompagnée de moyens appropriés. C’est à méditer.

Amar Ouarmdane