Comme il existe un droit à l’instruction, il existe un droit au transport scolaire. Surtout quand il s’agit de régions enclavées et d’accès difficile, comme les montagnes de Kabylie. Des centaines de collégiens et de lycéens, contraints d’aller étudier, loin de leurs communes, sont confrontés quotidiennement au problème du transport. Les bus, quand ils desservent les villages, ne passent pas par les agglomérations isolées ou alors qui ne disposent pas de routes goudronnées, par peur d’endommager leurs véhicules. Résultats : les enfants doivent se débrouiller seuls pour rejoindre leurs établissements qui se trouvent à plusieurs kilomètres de leurs lieux de résidence. C’est une pitié de voir ces grappes d’enfants dévalant les pentes, courbés sous le poids de leurs sacs à dos, trébuchant sur les pierres. En hiver, ils sont trempés jusqu’aux os par les averses, en été, ils suent sous les rayons d’un soleil implacable. Et pire que cela, il y a le danger permanent de se faire renverser par quelque chauffard. Beaucoup de petits innocents sont d’ailleurs morts sur ces routes. Les transports en commun quand ils existent, sont chers et beaucoup de familles ne peuvent pas assumer cette dépense. Reste le ramassage scolaire mais il est soit inexistant, soit insuffisant. Les enfants qui font la route à pied, arrivent dans leurs établissements épuisés, ce qui ne manque pas d’influer sur leur scolarité. D’ailleurs, beaucoup d’élèves, notamment parmi les filles, finissent par abandonner leurs études. Il est grand temps de réparer cette injustice et d’assurer à ces jeunes les moyens, tous les moyens, d’avoir une scolarité normale, dont le transport.
S. Aït Larba
