Des ateliers de lecture en berbère

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Cent vingt participants entre auteurs et éditeurs ont exposé leurs différents ouvrages et manuscrits édités en tamazight. Des libraires aussi ont occupé des espaces, où différents titres ont été présentés traitent de différents thèmes et dans différentes langues. Des Kabyles sont venus renouer avec leur identité pour certains, car la “diaspora” kabylophone s’y est installé déjà depuis des années, voire des siècles, et pour d’autres, c’est la curiosité de mieux s’informer sur la production et l’état d’avancement de cette deuxième langue nationale. Au deuxième jour de cette manifestation, en sus de l’exposition et ventes –dédicaces, une table ronde sur l’édition en tamazight a été programmée par le H.C.A et qui sera animée par Mr Abderezzak Dourari, directeur du centre national pédagogique de la langue amazigh. C’était l’occasion pour les présents à ce salon de débattre de cette problématique qui demeure un handicap majeur la production, et l’ultime moyen de la promotion et vulgarisation de la langue de Massinissa. Deux ateliers portant sur l’initiation en tamazight seront animés par H. Oubagha, président de l’association Imedyazen, et H. Bilek, membre du H.C.A. Parallèlement, Mme Hamouche s’occupera d’un atelier dénommé : “hku-iyi-tamacahut” (raconte-moi un conte) destiné aux enfants amazighophones de l’Oranis et ceux non amazighophones. Des techniques narratives seront développées au cours de cette séance pour permettre aux potaches de la ville de s’imprégner et pouvoir raconter. Faut-il encore le rappeler, cette institution a initié ce salon à Bouira mais, finalement pour cette année, elle a jeté son dévolu sur Oran. A coup sûr, ce choix n’est certainement pas fortuit. Il doit impérativement y avoir des raisons pour ce changement. A ce sujet, nous avons rencontré Hamid Bilek, sous-directeur au patrimoine au niveau du HCA, qui déclare : «Nous avons choisi cette ville pour les raisons suivantes : la ville de Bouira ne dispose pas d’infrastructures peuvant abriter cette manifestation. Ajouter à cela, les autorités de cette wilaya ne montrent pas un intérêt certain pour l’évènement, contrairement à la population qui a vraiment soif de ce genre d’actions. Par contre Oran dispose de toutes les infrastructures capables d’abriter les grandes manifestations. A travers notre présence, nous voulons également répondre aux attentes des habitants de cette région du pays, qui compte en son sein une communauté berbérophone, considérable et le travail qui se fait dans ce sens par l’association Numidya en est l’illustration parfaite.» Pour conclure, notre interlocuteur ajoute : «Ce salon qui n’en est qu’à sa troisième organisation est jeune, mais connaît une avancée remarquable, et rassemble de plus en plus de monde et a permis aux réticents de s’y joindre surtout depuis le lancement de la collection “Idles-nnegh” où le HCA a pris en charge les jeunes auteurs. Mon souhait est que la prochaine édition connaisse des nouveautés sur les différents domaines d’écriture.» De son côté, Melle Arab Said Amina, représentante de l’association Numidya, co-organisatrice de ce salon déclare : «C’est avec honneur que nous avons mis la main à la pâte pour l’organisation de cette manifestation. C’est une opportunité pour nous et pour tous les Kabyles résidants à Oran de mieux s’informer sur notre langue et culture, car on se sent en quelque sorte dépaysés. Quant à la production, je remarque qu’elle est sur la voie d’un avenir meilleur.»

M. Smail

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