l L’intellectuel sociologue Pierre Bourdieu a été à l’honneur, avant-hier, au centre national de recherches préhistoriques anthropologiques et historiques, CNRPH, lors d’une rencontre consacrée à son œuvre et qui s’étalera jusqu’à demain, 29 mai. De nombreux chercheurs et intellectuels étaient présents lors de l’inauguration du séminaire pour évoquer l’illustre chercheur et sociologue. Le sociologue Kamel Chaouch qui a ouvert la conférence, pour cette première journée a parlé beaucoup plus de l’intérêt qu’il porte à ce maître, mondialement connu. « Je m’intéresse à Bourdieu parce que Bourdieu s’intéresse à moi. Je lis ce sociologue parce que je me retrouve dans ses œuvres. Il s’est rapproché de la Kabyle et a appris à la connaître comme s’il en était le fils. Il a été touché et sensibilisé par le mode de vie dans les villages kabyles », dira Chaouch dans son exposé. En évoquant la sociologie internationale dans l’intellectualité, la sociologue française, Monique de Saint Martin, invitée du CNRPH, s’est interrogée, dans sa thèse et interrogé l’assistance si Bourdieu était le fondateur d’une école sociologique internationale ou d’une entreprise scientifique multinationale ? « Pierre Bourdieu a proposé et inspiré des programmes de recherches comparatives, souvent, très productifs, par exemple sur les universitaires ou sur « la noblesse d’état, mais qui risquait, par fois la routinisation et pouvaient favoriser des reproductions caricaturales du modèle initial », explique-t-elle. Selon elle, si Bourdieu était le fondateur d’une école sociologique proposant des concepts, des méthodes de recherches et une démarche sociologique originale, comptant de nombreux élèves, il a, aussi, été un entrepreneur. Elle renseigne, également que Bourdieu est en effet une véritable entreprise scientifique avec une revue, des collections d’ouvrages, un réseau de traducteurs, des réseaux de recherche et de nombreuses ramifications nationales et transnationales qu’il a constitué et développé. Azzedine Kenzi, enseignant en sociologie à l’université de Tizi Ouzou a parlé de son expérience de l’enseignement de Bourdieu et de Abdelmalek Sayad au sein du département berbère. Kenzi annonce que son institution réserve une place à l’enseignement de Bourdieu et de Abdelmalek Sayad, dans le sillage d’un module de socio-anthropologie qui comprendra un cursus de trois années, dans le cadre de la licence de langue et culture berbère.
Fazila Boulahbal
