A première vue, la série des photographies exposées sur des cimaises de la Bibliothèque nationale d’El Hamma, renseigne, selon de nombreux admirateurs, sur un travail professionnel éblouissant d’un photographe, venu, certainement d’une autre rive que l’Algérie. Ce florilège de tableaux hors du commun des zones humides du pays est signé M’hamed Kerrouche. L’auteur du vernissage « Voyage » est le premier photographe à avoir effectué un tel reportage. Plus de 30 films montrent les merveilles des sites de Ouargla, El Kala, Annaba, Oran, Reghaia et bien d’autres. A Ouargla, M’hamed rapporte l’image du Chott d’Oum Raneb. Il s’intéresse ici, dans la matinée, à saisir « les lumières chaudes » et faire découvrir cette nature, dans ce temps précis. « Je viens à ce site, soit très tôt le matin, soit en fin d’après-midi pour prendre en vue les oiseaux migrateurs avant leur déplacement », rapporte-t-il. Il a fallu beaucoup de temps pour que M’hamed réalise cette œuvre. Il a effectué deux années d’apprentissage et de recherches approfondies dans ce domaine pour qu’il arrive, enfin, à comprendre le comportement de cette race, précisément dans ce lieu. Ce film a été réalisé fin mars, où les oiseaux migrateurs se rassemblent, à cette période, à une très grande altitude pour se rendre au continent européen. L’auteur de « Voyage », rapporte d’autres tableaux aussi éblouissants les uns que les autres sur cette nature des zones humides d’Algérie. La série des œuvres réunies « Le flamant rose d’Oum Raneb, Ouargla », « Lac Oubiera Héron garde-bœufs, El Kala », « Lac Tonga », « Lac Reghaia, canard colvert » et autres. Le photographe M’hamed Kerrouche est né en 1969. Formé auprès des professionnels du quotidien El Moudjahid, dans les années 80, il commence à l’âge de 20 ans sa carrière dans la photographie de presse. L’amateur de la photographie se retrouve par la suite prisonnier de la décennie noire qui fera de lui, comme il nous l’a dit, « un reporter du terrorisme ». Il quitta l’Algérie pour six mois, non pas pour travailler encore moins pour se forger ailleurs, mais pour prendre du recul. Il rentra et décida de travailler dans des magazines et, aujourd’hui il fait des reportages filmiques pour son propre compte pour faire découvrir aux Algériens, l’autre Algérie. M’hamed s’est montré toutefois désolé et attristé quant à l’absence d’aide financière de l’Etat algérien, aux créateurs algériens. « De tels travaux demandent énormément de moyens. J’ai rencontré des risques pour arriver à ces zones. L’un de mes plus grands buts c’est également prendre des photos sous-marines, car je fais de la plongée, mais il faut avoir les moyens de Jean-Yves Cousteau pour le faire », termine M’hamed.
Fazila Boulahbal
